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Herbert Barry La Russie contemporaine. Traduit de l.anglais par Mme. Arvede Barine (French Edition)

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La Russie Contemporaine. Traduit de L'Anglais Par Mme.

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Mais en lisant le livre île.
Su- tlierland Edwards dans son intéressant ouvrage las Russes chez eux.
Les Russes seuls ont le droit d'écrire sur la Russie », disait le prince, entendant sans doute que le droit de traiter un pareil sujet n'appartient qu'à ceux {u'un long séjour a familia- risés avec la Russie.
Je me suis rappelé aussi l'opinion IMUJACi.
» Il est évident que M.
Dixoii s'en est ra purlé à des informations de seconde main pour la plupart des matériaux de son livre; sans cela, il ne serait pas tombé dans les erreurs dont увидеть больше son ouvrage.
La Russie étant nouvelle venue dans la voie des réibrmes et du progrès, ne soull're pas d'être mal comprise; en ce moment surtout, oîi le parti réac- tionnaire s'efforce d'étouifer le parti du progrès, il est plus que jamais nécessaire de ne mettre sous les yeux de ceux qui s'intéi'csseiil à elle que des faits bien constatés.
Be grands voyages dans toutes les parties de l'em- pire, tant pour mes études que pour mes alfiures.
De là m'est venue rid ''e d'essaver de donner mie iKttion cxacW' des inslitutions aux- quelles j'ai ohéi cl de la nation jarmi laquelle j ai vécu ; j'ajipellerai tarlieulièrement rattenliou du lec- teur sur les eliani»ements et les réformes qui se sont opérés dans le -peuple et dans ses institutions.
On me reprochera peut-être d'avoir laissé décote, dans cet ouvrage, plusieurs } oints essentiels, en par- ticulier ce quia rapport à la lilh'rature, l'armée, la marine, etc.
LA RUSSIE CONTEMPORAINE CHAPITRE PREMIER.
LES ERREURS DE M.
DIXON DANS SON OUVRAGE LA RUSSIE LIBRE.
Il est naturel que j'éprouve une grande défiance de moi-même à l'idée de me mettre en contradiction avec un auteur d'autant d'expérience et de talent que M.
Dixon; mais il m'est impossible de ne pas con- sacrer quelques pages à son livre.
Il est difficile de découvrir en quelle partie de l'em- pire M.
Dixon est allé étudier « la Russie libre ».
Je lis dans la préface : « Le voyage que je viens de ter- miner m'a conduit de la mer Polaire aux montagnes de l'Oural » ; et à la première page du tome II : « Mon trajet de la mer Arctique aux pentes méridionales HERBERT EARRY, 1 2 LA RUSSIE COISTEMPORAINE.
Ces passages donneraient à penser que M.
Dixon a étudié son sujet sur un terri- toire d'une immense étendue, et non qu'il a choisi le terrain des « zones septentrionales » pour théâtre principal de ses observations.
A moins que ce ne fût pour observer cette variété de l'espèce humaine que M.
Dixon décrit comme sem- blable aux cannibales, je ne puis imaginer pourquoi il est allé chercher si avant dans le nord les représen- tants de la Russie libre.
Ce n'est pas sur la route d'Archangcl à Saint-Pétersbourg qu'on peut juger de ce que sont les Russes sous les latitudes septentrio- nales, n faut pour cela pénétrer dans l'est bien plus avant que M.
Dixon ne semble l'avoir fait.
Je lis encore dans la préface : « Deux voyages anté- rieurs m'ont aidé à juger les réformes à la suite des- quelles s'est écroulée la muraille de la Chine qui fer- mait la Russie ».
Je trouve aussi cette phrase : « J'ai beaucoup à dire sur les pèlerins, les moines, les prêtres de pa- roisse, sur la justice au village et la vie patriarcale, sur les mendiants, les vagabonds, les sectaires, etc.
A l'exception de la réserve que j'ai faite dans ma préface, je ne puis accorder que M.
Dixon, malgré ses promesses, ait beaucoup dit sur ces sujets, et ce qu'il a dit, si on le laisse passer sans contradiction, ne peut que conduire le lecteur à de graves erreurs sur la Russie libre et ses libres habitants.
J'ose узнать больше здесь que M.
Dixon ne sait pas le russe, et comme je ne trouve indiqué nulle part qu'il eût un interprète chargé de traduire ses paroles, je ne puis m' expliquer des expressions comme les suivantes que je relève çà et là dans son volume : « Vous entendez dans leurs discours ».
Dixon suppose-t-il qu'il suffise de parcourir un pays pour écrire un livre qui touche ссылка на продолжение toutes les questions politiques, sociales et écono- miques, quand on est incapable de comprendre ce qu'on vous dit ou de demander un renseignement?
Peut-être est-ce à cette raison qu'il faut attribuer plusieurs des étranges erreurs qu'on rencontre dans son ouvrage.
Je n'entreprends pas de critiquer son livre en tant que livre, mais seulement de rectifier beau- coup de ses assertions.
Plusieurs de ses erreurs peuvent paraître indifférentes à la généralité des lecteurs; mais elles sont très-graves, s'il est admis que M.
Dixon a voulu nous donner une idée exacte de la Russie.
J'aborde donc immédiatement la partie du livre qui justifie seule le titre choisi par l'auteur.
Le chapitre sur l'émancipation des serfs est si ma- nifestement inexact qu'il a déjà subi la critique de la partie la plus influente de la presse : aussi n'y a-t-il pas lieu pour moi de répéter ce qui est connu de tous ceux qui sont au courant de la question.
Je ne dirai qu'un mot sur ce sujet : Quelle foi peut- on ajouter aux allégations d'un auteur qui nous con- duit à croire que les villages de Vensa et de Kazan sont occupés par des Polonais et des Mala-Russes?
Je soutiens que le paysan est ce qu'il y a de plus important à étudier dans l'empire russe, à cause de sa prépondérance numérique, et qu'une erreur sur son compte est de la plus haute gravité.
Eh bien, je lis dans le chapitre sur la vie patriar- cale les lignes suivantes : a Un père de famille est seigneur dans sa maison et parmi les siens ; c'est son LES tlRRFAP.
On n'ordonnerait pas de fustiger cette femme, — non, plus maintenant, — la nouvelle loi le défend, du moins en public.
Chez lui, dans sa cabane, Daniel peut fustiger Nadia autant qu'il lui plaît ».
Toutes les conclusions qu'on est en droit de tirer de ces passages sont fausses.
Qui ne supposerait, d'après cette citation, que le père, le chef de famille peut se livrer chez lui à tous les excès, et que personne, si la chose vient ta se savoir au dehors, n'a le droit d'in- tervenir https://chmall.ru/100/naturex27s-herbs-grib-reyshi-trutovik-lakirovanniy-100-vegetarianskih-kapsul-nhb-44378.html de lui demander compte de sa conduite?
En réalité, le pouvoir de châtier n'appartient au père de famille que dans d'étroites limites, et s'il dépasse ces limites, la personne maltraitée a le droit d'en appeler à la communauté, qui intervi nt et pu- nit le délinquant.
J'ai connu dans un village un homme qui avait battu son fils et l'avait ensuite enfermé; celui-ci ne pouvant aller porter plainte en personne, trouva moyen de communiquer avec un camarade qui se présenta pour lui devant la communauté; sur-le- G LA RUSSIE CONTEMPORAINE.
Voici un autre passage qui a été copié dans un journal : « Euphrosine M.
Le paysan convoque une réunion de pères de famille, qui, après avoir écouté son récit et sans entendre la défense de la femme, la condamnent à être promenée toute nue dans le village, en plein jour, en présence de tous ses amis ».
Le lecteur doit supposer que cet événement, s'il a eu lieu, est tout récent, tandis que l'autorité sur laquelle s'appuie M.
Dixon est un numéro de la Gazette de la nouvelle Russie datant de 186Zi.
Pour prouver que les autorités ne ferment pas les yeux sur les excès commis par les paysansje vais citer un fait.
Sur notre domaine, une femme avait été traitée d'une façon barbare par deux hommes; le coroner de l'endroit et la communauté ne firent pas leur devoir ; l'affaire arriva aux journaux ; le lendemain, un ordre de l'empereur provoqua une enquête, et les coupables furent déférés à la justice.
Ma confiance dans ce que M.
Dixon dit des sectes LES ERREURS DE M.
Le premier écolier venu aurait pu lui apprendre que les vieux croyants abhorrent l'usage du tabac.
J'ai su qu'un de ces sectaires avait lavé et nettoyé sa maison de fond en comble, parce qu'un homme y avait tiré deux bouffées de fumée de sa cigarette.
Et encore : « Chaque nouvel empereur crée un saint ».
Dixon aurait pu savoir que l'empereur actuel, au lieu de créer de nouveaux saints, avait par un ukase largement diminué le nombre des jours chômés en leur honneur.
Dixon a-t-il observé les scoptsi?
Sauf qu'ils sont généralement un peu gras, je ne vois guère de différence entre eux et les autres hommes.
Quand on connaît ceux que M.
Dixon appelle les non-payeurs de rente, peut-on comprendre ce qu'il veut dire quand il en fait a une secte »?
Ce sont les gens auxquels je ftiis allusion au chapi- tre IX, comme refusant d'acquitter les redevances ; ils 8 LA RUSSIE CONTEMPORAINE.
Dans les « républiques de village », je lis des as- sertions comme celles-ci : — « Les habitants de ce village font dériver des vieilles traditions tout un monde de droits locaux analogues à ces droits de fa- mille que les ministres et les juges ont cru sage de respecter dans leurs réformes.
Ils choisissent leurs anciens, ont leurs tribunaux à eux, infligent des amendes.
Mais un ancien, appuyé sur l'assemblée du village, peut braver la volonté impériale et traiter comme une lettre morte les lois du pays ».
On ne peut certes imaginer un plus joli tableau d'une république indépendante.
Je vais maintenant placer la vérité sous les yeux du lecteur, et on verra combien les assertions de M.
Dans le village, au dernier échelon de la hiérarchie judiciaire est le starosta; celui-ci exerce ses fonctions LES ERREURS DE M.
Vient ensuite l'assemblée de district ou volost; c'est d'elle, sans aucun doute, que M.
Dixon a voulu parler; elle est formée des représen- tants de plusieurs paroisses et présidée par le star- shina.
La communauté est subordonnée à cette cour, précisément comme le starosta est subordonné au starshina.
Le volost, recruté par voie d'élection, élit à son tour une cour de justice composée, suivant l'étendue du district, de quatre à douze membres; trois juges siègent à la fois, et l'exécution des sentences est con- fiée au starshina.
Dixon, on croirait que le pouvoir de cette cour est illimité.
Il est au contraire fort res- treint.
Elle peut juger les procès civils dont l'impor- tance ne dépasse pas cent roubles ou 375 francs, faire administrer vingt-quatre coups de cordepro- noncer dans les affaires criminelles des amendes de trois roubles d'argent, et envoyer en prison pour sept jours au plus.
Le starosta n'est jamais choisi pour sa fortune, mais pour sa facilité d'élocution, car la com- munauté aime à avoir un homme qui parle bien.
Il est toujours payé.
Je lis à la fin du môme chapitre : « Les deux tiers de la populace d'un village, dont tous les votants peuvent être ivres, ont le droit d'envoyer un homme en Sibérie pour le reste de ses jours ».
On explique dans le chapitre suivant que « de tels abus de la justice au village ne sont pas rares »et que « l'on peut le sommer de comparaître, le condamner au bannissement.
Je nie tout cela 4 bout à l'autre.
D'abord on n'admet pas de gens ivres à l'assemblée de la commune; et en second lieu, la commune ne peut envoyer personne en Sibérie.
Si un membre de la communauté ne paye pas sa quote-part d'impositions, ses frères ont le droit de l'exclure, après avoir essayé tous les autres moyens de le mettre à la raison.
Mais rien ne l'em- pêche de se faire admettre dans toute commune qui consentira à le recevoir.
Quand le membre exclu ne peut se faire accepter nulle part, on l'expédie, aux Кронштейн North NBC2-T du gouvernement, fonder quelque part une colonie, et, par suite, une communauté, en compagnie de moujiks dans la même position.
Mais on ne l'envoie certes pas dans une mine de Sibérie, — ce qui est le châtiment ré- servé aux meurtriers et aux grands criminels.
LES ERREURS DE M.
Dixon connaît évidemment fort mal la façon d'agir des communautés de village; autrement il n'aurait jamais écrit la page 58 de son deuxième volume : « Les villageois savent fort bien quel est le frère assez riche pour racheter son dos aux dépens de sa bourse, et quand ils éprouvent le besoin de boire un coup aux frais d'autrui, ils n'ont qu'à accuser leur camarade de quelque délit en l'air; il est certain qu'il se rachètera ».
Je me permets de conseiller à M.
Dixon, quand il retournera en Russie, d'étudier quelques tribunaux de volost; il ne sera pas scandalisé, j'en suis sûr, de la manière dont la justice y est rendue.
Dixon ne commet pas de moins graves erreurs sur les maisons et la vie des paysans que sur les institutions qui régissent les campagnes : « La maison de l'ancien, dit-il, est plus grande que les autres.
Quelques maisons çà et là ont un balcon, une étable ».
Au nom du ciel, à quoi cette description peut-elle bien s'appliquer?
Ce n'est cer- tainement pas à la Russie.
Dixon a-t-il jamais vu un sol en terre battue dans la maison d'un paysan russe?
Sauf dans le cas exceptionnel où, un village ayant été brûlé, ses habitants avaient élevé des hut- tes provisoires, je n'en ai jamais vu.
Il y a presque 12 LA RUSSIE CONTEMPORAINE.
Comment trouverait- on un sol en terre battue à un premier étage, à moins de supposer que le paysan a étendu sa terre sur un plancher?
Et quel est celui qui prendrait une peine si inutile?
On trouve dans toutes les chaumières non pas seu- lement une étable, mais une basse-cour comprenant une écurie, un emplacement pour les charrettes, les traîneaux, etc.
C'est un usage si général, que pour indiquer le nombre d'habitations d'un village on ne dit jamais « tant de maisons », mais « tant de basses-cours ».
Je lis ailleurs que le dîner ordinaire du paysan, « c uand ce n'est pas jour déjeune, se compose d'une tranche de pain noir, d'un cornichon et d'un mor- ceau de merlus sec ».
Cela dénote une profonde igno- rance de la vie du paysan; les jours de jeûne, il mange du poisson, mais certes ce n'est pas du mer- lus; quatre-vingt-dix-neuf Paisses sur cent n'ont ja- mais entendu prononcer le mot de merlus; le plus médiocre observateur aurait pu remarquer quel est le poisson qu'on mange et d'où il vient; mais l'er- reur la plus étrange, c'est que dans cette description, LES ERREURS DE M.
Je connais des paysans russes qui mangent à leur dîner trois livres de pain noir, accompagnées, non pas d'un cornichon, mais de vingt.
Si je n'avais déjà exprimé l'opinion que M.
Dixon ne devait pas savoir le russe, je révoquerais en doute le fait suivant : « J'ai moi-même entendu un ancien donner l'ordre de fustiger un paysan, h la re- quête de deux personnes qui l'accusèrent d'être ivre et hors d'état de conduire leur voiture ».
Je suppose qu'on lui a dit que tel était l'ordre de l'ancien.
Je ne sais comment m'expliquer ce récit.
En admettant que le mot dont on s'est servi signifiât bien ancien du village, il est impossible que celui-ci ait de son chef donné l'ordre de fustiger le postil- lon; car, d'après la loi commune, celui-ci devait être cité devant le tribunal du premier degré.
Il y a partout, et non pas seulement en Russie, des gens qui se mêlent de ce qui ne les regarde pas; mais le fait ci-dessus nous est raconté dans le chapitre sur les serfs comme une chose toute natu- relle.
Dixon me pardonnera de lui dire que, à moins li LA RUSSIE CONTEMPORAINE.
Dans le chapitre des serfs, il explique ainsi l'ori- gine du servage : « Un contrat, sanctionné par la loi, a Аккумулятор 100 А/ч 600402 HS consenti entre les deux parties, le paysan et le noble, à l'occasion d'un certain domaine com- prenant des terres, des étangs, des bois; ce contrat règle leurs rapports et leurs obligations respectives, et fixe les droits de propriété, de chasse, etc.
» Que veut dire cela?
Devons-nous entendre que les serfs ont consenti à être serfs, hbrement et spontané- ment?
S'il en est ainsi, pourquoi l'écrivain n'a-t-il pas développé son idée?
La description du prêtre de paroisse et de sa famille est plus qu'une comédie; c'est une vraie farce, et je ne pense pas que M.
Dixon lui-même puisse la dé- fendre sérieusement : « Chaque prêtre de paroisse est le centre d'un petit cercle pour lequel il est non-seu- lement l'homme de Dieu, chargé de bénir son saint nom, mais le père qui doit conseiller et diriger ».
« Le père Peter, le pope du village, a une cabane fort propre; quelques pots de fleurs ornent l'appui de la croisée; un monceau de livres charge ses ta- blettes; sa femme, belle et pâle, est assise auprès de la porte; eUe surveille les jeux des enfants, qui chan- LES ERREURS DE M.
Un prêtre est un si grand personnage dans sa paroisse, que même lorsqu'il est ivre, ses paroissiens le traitent avec égards et défé- rence ».
L'erreur dans laquelle est tombé l'auteur est d'au- tant plus extraordinaire que tous les voyageurs se sont accordés à signaler la déplaisante physionomie du prêtre de paroisse et son triste genre de vie.
Je connais assez bien le pope et je sais que les villageois n'ont pas le moindre respect pour lui.
C'est un type совсем Термистор NJ28NA0103HCC 100 kOm (AVX) невероятно! n'existe heureusement qu'en Russie.
Sans éducation, presque sans moralité, gagnant sa vie à la sueur de son front, il diffère fort peu de ses voisins les moujiks.
La maison qu'il habite est comme toutes celles du village, bien qu'elle soit un peu plus confortable sous le rapport du mobilier.
Sa femme ressemble aux au- tres paysannes ; elle fait l'ouvrage de la maison tandis que ses enfants vont courir avec les autres pohssons.
Le pope possède une terre qu'il cultive lui-même comme un paysan, et sa vie se partage de la façon la plus monotone entre les offices, les travaux des champs et l'oisiveté.
Sa capacité de boire est prover- biale, et les jours de grande fête il est invariablement 16 LA RUSSIE CONTEMPORAINE.
Il n'en rougit pas, ot le peuple y est si habitué qu'on n'y fait pas attention.
A peine hausse-t-on les épaules quand on le rencontre battant la muraille.
Livrés à leurs propres ressources, soumis à une inspection très-insuffisante, les popes tombent peu à p3u dans une condition assez analogue à celle de leurs voisins les moujiks.
S'ils ont quelques rapports de société, c'est avec ces derniers.
L'impossibilité où ils sont de conquérir une posi- tion supérieure à celle de prêtre de paroisse est pour beaucoup dans cet état d'abjection.
Ils sont privés du grand mobile de l'activité humaine, du désir de s'élever.
J'ai vu plus d'une fois un pope ivre célébrer un service religieux, et souvent j'en ai surpris à voler.
Comment défendre des prêtres qui souffrent qu'un des leurs tienne un débit d'eau-de-vie?
J'en ai connu un dans ce cas ; c'est moi qui lui ai donné sa licence.
C'était soi-disant au profit de son église, mais en réa- lité pour son propre compte.
Chose curieuse, ce pope était, n'en déplaise à la théorie de M.
Dixon, était, dis-je, sauf son goût pour la boisson, un homme fort respectable et l'un des représentants les plus recom- mandables du bas clergé.
Comment ces hommes pourraient-ils répondre au LES ERREURS DE M.
DIXON, 17 tableau que trace M.
Dixon, — étreints comme ils le sont par la pauvreté et maintenus si bas sur l'échelle sociale?
On pourra démêler dans ce livre la véritable phy- sionomie du père Peter.
Il n'y a pas de règle sans ex- ception, mais je crains que le père Peter de M.
Dixon ne soit l'exception.
Dans le chapitre sur la Liberté, on rencontre cette assertion : « Cette insouciance du bien et du mal est due au servage qui a pesé sur les paysans pendant deux cent soixante ans.
Le servage rend les hommes indifférents à la vie et à la mort.
Pour établir cette théorie de la vengeance chez les paysans, M.
Dixon cite le procès de Gorski, cet homme qui avait assassiné toute une famille à Tam- bov.
Malheureusement pour la thèse de l'auteur, Gorski n'était ni un paysan ni un serf émancipé.
C'était un étudiant polonais, et il était précepteur dans la famille qui a été victime de sa férocité.
Vient ensuite l'affaire de Daria Sokolof, qui aurait tué toute une famille, y compris le petit chien.
Voici la vérité : Le jury devant lequel elle comparut se convainquit, malgré un aveu rétracté ensuite, qu'elle n'était pas Fauteur des meurtres, et qu'on n'avait pas trouvé le véritable coupable.
Daria Sokolof ne fut condamnée que pour avoir caché le crime.
On a quelquefois donné à M.
Dixon des renseigne- ments matériellement inexacts.
Je n'en veux pour preuve que les lignes suivantes du chapitre sur la Police secrète : « Le pouvoir de la police secrète n'a d'autres bornes que celles que lui imposent les ordres directs de l'empereur ».
Cette phrase ne peut avoir qu'un sens, c'est que la « troisième divi- sion » 1 est au-dessus de toutes les lois et de toutes les juridictions.
Dixon prend-il la responsabilité de cette asser- tion?
Affirme-t-il que la police exerce un pouvoir quelconque dans les affaires ordinaires, civiles ou criminelles?
Ne sait-il pas que la смотрите подробнее loi contient une sorte àliabeas corpus, et que tout homme ar- rêté doit comparaître devant son juge naturel dans un délai très-limité?
Qu'est-ce que la troisième division, sinon un groupe 1 C'est le nom qu'on donne à la police secrète.
LES ERREURS DE M.
Je ne voudrais pas laisser supposer un seul ins- tant que j'approuve l'institution de la police secrète, ou que je ne déplore pas l'existence d'une « troisième division ».
Aujourd'hui encore on la fait servir à des fins peu avouables; mais M.
S'il veut bien consulter le projet de loi, proposé en 1862, que le docteur Eckardt a si clairement ex- posé 1et auquel on a fini par se rallier, il y verra, première partie, que la justice est séparée de l'ad- ministration, et le pouvoir exécutif du pouvoir lé- gislatif; que le jury connaîtra de tous les crimes non politiques ; que les séances des tribunaux seront publiques, etc.
Comme je l'ai fait remarquer, ces dispositions font partie de la loi qui a été mise en vigueur dès 1864 dans certaines parties de l'empire : comment l'affir- mation de M.
взято отсюда pourrait-elle donc se soutenir?
La « основываясь на этих данных division » n'a à s'occuper que d'af- faires politiques, et, qui plus est, je n'ai jamais en- tendu dire qu'elle se fût ingérée dans des affaires criminelles ordinaires.
J'ai étudié l'action de la nouvelle loi; M.
Dixon lui-même convient que cette action est satisfaisante, mais il détruit l'effet de cet aveu par son exposé de « la troisième division » de la chancellerie impériale et par les conclusions qu'il en tire.
Je préfère m'en rapporter au témoignagne du docteur Eckardt : « De toutes les réformes entreprises par le gouvernement actuel, dit cet excellent observateur, la réorganisa- tion de la justice est décidément celle qui a produit les meilleurs résultats ».
L'importance de cette réforme n'échappera à per- sonne, et puisqu'ehe a réussi, il est juste de le cons- tater et de ne pas laisser passer, sans leur donner un démenti formel, des allégations comme celles dont nous venons de parler.
Dixon raconte à ce propos l'histoire de Pavlen- koff, qui aurait été exilé à Kiachta pour avoir ouvert une souscription dans le but d'élever un tombeau au jeune écrivain Pizareff.
J'ignore quelles étaient les charges ahéguées con- tre Pavlenkoff, mais je puis dire que, pour mon LES Er.
Cela se faisait ouvertement, la police con- naissait les souscripteurs, et pourtant, bien que beau- coup d'entre eux fussent peu favorables au gouverne- ment, personne ne fut inquiété et l'argent fut remis sans aucune opposition aux exilés.
Dixon me permettra encore de lui dire que son policeman d'Archangel priait probablement le maître de la maison d'illuminer et ne lui en donnait pas Vordre.
J'ai toujours eu pour principe, que quand on vit dans une contrée étrangère, sous la protection de ses lois, on est tenu en retour de se conformer aux mœurs et aux coutumes du pays.
S'il m'est quelque- fois arrivé, en dépit de ce principe, d'oublier d'il- luminer, personne ne m'a jamais rien dit.
Il ne faut pas attribuer cette tolérance à ma qualité d'étranger, car les Russes qui m'entouraient traitaient ces soi- disant ordres avec plus d'indifférence que moi.
Grâce au style de M.
Dixon, et à ce qu'une revue a appelé ses transitions dans les chapitres, il est dif- ficile de suivre ses développements et d'en pénétrer le sens.
En lisant son chapitre de l'Exil, j'ai cru d'abord 22 LA UnSSIE CONTEMPOIUIINE.
Dixon était allé en Sibérie; mais en y regar- dant de plus près, je trouve : « Dans une journée de voyage en tarantass, j'ai traversé une douzaine de hameaux, et dans tous, le juge de paix était Polonais ».
Je conclus immédiatement de cette phrase que l'au- teur n'est jamais allé en Sibérie, et cela pour la meil- leure de toutes les raisons, c'est qu'à l'époque dont il est question, il n'existait pas de juges de paix dans cette contrée.
D'ailleurs, à quelque partie de la Russie que l'auteur veuille faire allusion, j'ai peine à croire que M.
Dixon ait traversé en un seul jour une dou- zaine de hameaux possédant tous des juges de paix.
Tous les petits villages n'en sont pas pourvus, bien loin de là.
La juridiction du juge de paix s'étend sur un vaste district, et il serait vraiment miraculeux qu'en un seul jour, un homme voyageant en ta- rantass ait traversé douze villages possédant une justice de paix.
Mais le plus extraordinaire est que tous fussent Polonais.
Pourtant cela est encore moins surprenant qu'une autre nouvelle que je lis dans le même cha- pitre : « Les tracés sont faits, et dans peu de mois un chemin de fer reliera Perm à Tomsk ».
C'est là certainement un renseignement personnel, — si personnel qu'il est ignoré de Son Excellence le LES ERUEURS DE M.
En effet, j'ai lu dans le rapport du comité des chemins de fer, publié il y a quelques mois, qu'une commission spé- ciale venait d'être envoyée dans l'Oural pour déter- miner le tracé de la ligne de Sibérie, et il y a bien des chances pour qu'elle ne passe ni par Tomsk ni par Perm.
Les plus chauds partisans du chemin de Sibérie bornent leurs ambitions à l'établissement d'une ligne de Tumen au Kama, reliant le système fluvial de l'Asie à celui de l'Europe.
Les connaissances de M.
Dixon en géographie s'étendent sans doute assez loin pour qu'il sache que la distance de Perm h Tomsk est de 1300 milles, et il n'ignore pas que les Russes eux-mêmes ne peuvent en quelques mois percer l'Oural et construire un chemin de fer de cette longueur.
Quelle confiance peut-on avoir en un livre qui aflh'me d'une façon si positive des choses aussi impossibles?
A l'époque où M.
Dixon descendait le Volga, j'étais à Perm, et là, personne n'avait entendu parler du chemin de fer de Tomsk.
Dixon désigne la Sibérie sous le nom de désert asiatique, je suppose que ce n'est pas d'après ses propres observations.
Plusieurs des par- 2f, LA RUSSIE CONTEMPORAINE.
Atkinson, qui y a beaucoup voyagé, en fait un tableau bien différent.
Le chapitre des Sibériens est probablement basé sur les renseignements нажмите для продолжения Polonais avec qui M.
Dixon « a voyagé quelques jours ».
Ce n'est pas là une source d'informations bien sûre, Напольно-потолочный кондиционер General GC/GU-CF36HRN1 en pareille matière.
Dixon ne nous donne pas ce chapitre comme l'expression de ses idées propres, passons.
Relevons encore dans le chapitre Maîtres et Domestiques un renseignement évidemment de seconde main : « Il est impossible de rien appren- dre à une servante russe ».
Ils imitent merveilleusement, ce sont de vrais singes sous ce rapport.
Je conviens qu'ils sont remplis de préjugés et qu'il est difficile de les faire sortir de leur routine; читать полностью quoique paresseux et mous à l'ouvrage, les domestiques se mettent extraordinai- rement vite au courant du service et des goûts de leurs maîtres.
J'ai eu sous mes ordres bien des milliers d'ou- vriers ; j'ai constamment remarqué chez eux un ta- LES Elll'.
Dixon avait accordé la moindre attention aux manufactures, il aurait été aussi frappé que moi de ce trait particulier du carac- tère russe.
Le pauvre moujik a bien assez de ses défauts sans qu'on lui en prête qu'il n'a pas.
Au chapitre sur les Villes se trouve cette des- cription d'un bazar : — « Après le pain de seigle et le poisson sec, les articles qui se vendent le plus sont les saints et les cartes ».
Le peuple, il est vrai, se découvre et fait le signe de la croix quand les saints viennent à passer, mais c'est tout.
On ne le voit guère s'agenouiller en pleine rue.
La description est pleine d'exagération.
On nous dit, au chapitre l'Artcl cl le Tsek : « Un homme de naissance noble ne peut vivre à Moscou qu'en se faisant admettre dans une des sociétés re- connues.
Il faut qu'un paysan se lasse inscrire HERBEKT BARRY.
» Il y a là une contradiction et des inexactitudes, car un paysan, un domestique, peut demeurer à Moscou sans s'assujettir à ces formalités.
Au chapitre de la Bible nous lisons : Un sa- vant Père de la vieille Église m'a fait sur la Biljle des remarques qui m'ont paru caractéristiques.
Dans la Grande Pvussie, m'a dit ce prêtre, dans la véritable vieille Russie, où nous parlons tous la même langue et où nous adorons tous le même Dieu, vous trouverez la Bil le dans une maison sur deux.
J'ai constaté dans mon voyage que cette observation est exacte, sinon à la lettre, du moins au fond.
Après les Anglais et les Ecossais, il n'y a pas de si grands liseurs de Bible que les Russes, quand ils savent lire ».
Je laisse de côté les paroles du prêtre, dont M.
Dixon n'est pas responsable ; je ne m'occupe que de ce que l'auteur prétend avoir vu de ses yeux.
Eh bien, je n'ai jamais aperçu de Bible dans la maison d'un paysan russe.
Dixon conviendra que c'est là un hasard singulier, car j'entre souvent dans les chaumières.
Pour ce qui est de cette grande masse qui lit la Bible — quand elle sait lire, — l'au- LES ERUEIT.
En admettant qu'elle soit de un pour cent parmi les cultivateurs de la Grande Russie, le nomhre des lec- teurs de la Bible n'en reste pas moins assez res- treint.
Prenons garde ici de tomber dans une lourde méprise ; le lecteur pourrait croire que le Russe, qui est un vrai modèle de piété pratiquante, agit en vertu d'un sentiment réellement religieux, dans le sens ordinaire du mot.
Son respect pour les pratiques de dévotion vient au contraire de sa superstition et de la persuasion que son zèle lui sera profitable.
Les paysans sont complètement fatalistes ; on s'en aperçoit à leur moindre geste.
Ils croient détourner un malheur prêt à fondre sur eux, en allant à l'é- glise ou en faisant un signe de croix.
Mais quant à étudier les questions religieuses et cà raisonner leurs opinions, je soutiens qu'ils ne s'en inquiètent guère.
On voit souvent deux moujiks ivres traverser une ville en charrette ou en drojky.
L'un d'eux soutient l'autre pour lui permettre de se signer, quand la 28 LA P.
On ne peut appeler cela un sentiment religieux, et cependant c'est une observance.
On lit à la dernière page de la Russie libre : « Par une journée obscure de décembre.
L'auteur a-t-il été témoin de ce qu'il raconte?
A-t-il vu lui-même l'empereur entrer dans l'église, la cas- quette enfoncée sur les yeux?
L'a-t-il vu passer la tète couverte devant les tombes, devant ces monu- ments où revit le souvenir de son père et du père de son père?
S'il l'a vu, je n'ai rien h dire ; mais dans le cas contraire, ni moi, ni aucun Russe, ni aucune des personnes qui connaissent la Russie, nous n'ad- mettrons jamais que le cbef de l'Eglise orthodoxe ait agi de la sorte.
Dans cette introduction, j'ai signalé certaines er- reurs de M.
Dixon qui doivent particulièrement cho- quer ceux qui s'intéressent à la Russie.
Elles sont relatives à la vie intérieure de ce peuple si peu connu; au premier abord, elles peuvent paraître sans importance; mais elles se lient si étroitement aux LES ERREURS DE M.
Je n'ai ni le temps ni l'espace de relever les autres innombrables erreurs de M.
Dixon, sans quoi j'aurais eu bien des choses à dire sur son explication du nom de « Christiani » donné aux paysans russes, sur ses idées au sujet du panslavouidiu'sme.
En un mot sur tout le livre, sauf la partie qui traite des mo- nastères.
Dixon a donné ta son ouvrage un titre qui promet tant, et publié ses vues sur un sujet qu'il ne connaît pas, il a entrepris une tâche qu'il ne pouvait accomplir et qu'il n'a pas accomplie.
CHAPITRE II LES VIEUX ABUS ET LES NOUVELLES RÉFORMES.
En aucun pays de l'Europe la marche de la civi- lisation et du progrès dans les temps modernes n'a été aussi rapide, aussi ferme et aussi régulière qu'en Russie.
Les cliangements que la sagesse et l'énergie de quelques esprits éminents ont opérés et opèrent en- core parmi les populations tout récemment nomades de la vaste Russie, seront un sujet d'étonnement pour les générations futures ; une fois pleinement connus, ils constitueront pour elles un des chapitres les plus instructifs du livre de l'histoire.
A l'empereur actuel était réservée la gloire d'inau- gurer les réformes qui ont amené la prospérité de la Russie.
L'empire comptait près de mille ans d'existence quand Alexandre II monta sur le trône, le 2 mars 1855.
On ne tarda pas à ressentir les etïets de son intelli- VIEUX ABUS ET NOUVELLES RÉFORMES.
Dès l'année suivante, la conclusion de la paix lui permit de commencer sa belle œuvre.
Il eut à lutter contre d'innombrables difficultés : un parti puissant, opposé à toutes les réformes, intéressé à maintenir le système de corruption et de péculat qui avait envabi toutes les branches de l'administration, em- ployait son influence à combattre les idées nouvelles, qui, en dépit de ses efforts, se répandaient dans le peuple.
Les hommes de ce parti criaient contre la réduction de l'armée, et ils s'indignaient qu'on pût avoir seulement la pensée d'établir des chemins de fer en Russie; d'une bigoterie extrême, ils s'oppo- saient à toute réforme dans l'Église ; les changements qu'on proposait d'apporter à la législation leur sem- blaient révolutionnaires, et l'émancipation des serfs, projetée depuis si longtemps, devait, selon eux, en- traîner la ruine de l'empire.
Ils le prétendaient du moins.
Ils savaient bien ce qui les menaçait.
Ils formaient un corps puissant ; mais le nouveau parti était encore plus fort qu'eux, et les réformes se succédaient rapidement.
En ce temps, la corrup- tion était partout : l'administration entière était gan- grenée; l'argent était devenu le seul mobile, telle- ment qu'une affaire avec l'Etat se réduisait à un marché.
Si vous accordiez le prix demandé par le tchinoMiik 1votre affaire avait chance d'aboutir; sinon, elle n'avançait jamais d'un pas.
Je me souviens qu'un de mes amis, qui connaissait mieux que personne les agissements de la bureau- cratie d'alors, me donna un jour l'avis suivant : « Quand vous voulez obtenir quelque chose d'une administration, adressez-vous au soldat qui ouvre la porte; il vous dira à qui vous devez parler, qui vous devez payer et ce qu'il vous faut donner ».
Cet avis était parfaitement bon.
On voyait rarement alors refuser de l'argent.
Un jour, un de mes amis intimes, craignant de 1 Employé du gouvernement.
VIEl'X ARVS ET NOl VKI.
Il plaça son cadeau dans un porte-cigares, à côté de cigarettes, et avec un : « Permettez-moi, Excellence », présenta la boîte toute grande ouverte à la personne à qui il avait affaire.
Il arrivait rarement qu'on toucbàt aux cigares.
Les prédécesseurs d'Alexandre avaient souvent pensé à l'émancipation.
Nicolas avait amélioré sous plusieurs rapports la situation des serfs ; c'est lui qui leur conféra le droit de posséder des terres et de pas- ser des contrats, en un mot, qui leur donna des droits civils; c'est encore lui qui interdit de vendre les serfs sans la terre; продолжить caressait depuis longtemps le projet d'une émancipation complète, et il l'aurait probablement réalisé, sans le sentiment de vague inquiétude qui pesait sur lui depuis la révolution qui avait signalé son avènement.
A Alexandre II écbut la tàcbe de Ijriser les chaînes qui, depuis подробнее на этой странице de trois siècles, pesaient sur quarante-cinq millions d'bommes et les main- tenaient dans un état de servitude et d'ignorance dénoncé par toutes les nations civilisées comme un reste de barbarie.
Alexandre II mit hardiment la main à l'œuvre et 3i LA RUSSIE r.
Quanti ce grand acte politique, source de la régéné- ration du peuple russe, fut définitivement accompli, https://chmall.ru/100/kuler-dlya-protsessora-deepcool-ck-11509-pwm.html réformes importantes se succédèrent rapide- ment.
La Russie, qui depuis tant d'années était restée en arrière de ses sœurs d'Occident, commença à avancer d'un pas ferme, et l'on put espérer que cette génération regagnerait une grande part du temps perdu.
Quoique dix années seulement se soient 4 depuis cette transformation, le résultat est, à mon avis, indiscutable : un grand succès a été obtenu.
Chaque fois qu'une réforme de cet ordre s'ac- complit, quelques erreurs de détail se glissent iné- vitablement dans l'exécution; Vade d'émancipation n'échappa pas à cette loi.
Il est probable que si la ques- tion avait été mieux comprise et plus discutée par le peuple lui-même, les articles relatifs au partage des terres, qui lient encore le paysan au sol pour un certain laps d'années, auraient disparu de la loi.
Il n'entre pas dans mon dessein de discuter en dé- VIEUX AKIS ET.
D'après l'acte d'émancipation, les por- tions de terres allouées aux paysans variaient d'un minimum de 2 ou 3 quartiers à un maximum de "25 acres; mais chacun était en outre autorisé à retenir la terre qu'il occupait au moment de la promulgation de la loi, jusqu'à ce qu'on lui eût mesuré et délivré la quotité à laquelle il avait droit.
Une loi promul- guée en 18 31 accordait à cet elïet aux propriétaires un délai de deux ans qui fut ensuite porté à huit.
A défaut d'un arpentage dans ce délai, la terre oc- cupée par les paysans devait être considérée comme leur propriété et leur être allouée à perpétuité.
Le fonctionnaire chargé de surveiller l'arpentage des terres avait le titre de mijravol pasrecbiik, c'est-à-dire arhitre de la paix; cette charge avait été créée par l'acte d'émancipation, et ctilui qui la rem- plissait était en fait juge entre le propriétaire et le paysan.
Ces espèces d'arbitres étaient en nombre très-in- suffisant, et par suite souvent surchargés de besogne ; quelques-uns ne faisaient rien par pure paresse ; d'au- 36 LA niSSlK CUNTEMl'UUALNE.
Un premier arpentage était soumis aux paysans, qui le rejetaient invariablement; car venant du pro- priétaire, il devait nécessairement, à leurs yeux, léser le moujik.
Venait ensuite un contre-arpentage fait par l'inten- tendant de la province; cela demandait du temps et il devenait diftîcile d'aboutir à une conclusion.
On avait recours enfin à l'arbitre de la paix; mais sa négligence était si grande que le peuple se fati- gua de l'aller chercher et commença à perdre cou- rage.
Cette difliculté ne fut sensible que pour les grands propriétaires ; les приведенная ссылка terminèrent leur ar- pentage dans le délai prescrit.
D'après la loi, tous ces arpentages devaient être commencés avant le terme indiqué, et comme pour être en règle et avoir com- mencé il suflisait au jiropriétaire d'envoyer le plan, il était en faute s'il y manquait.
J'ignore quand on aura terminé; mais, d'après ce que j'ai pu voir, cela durera encore un certain temps, à moins que le gou- vernement ne prenne le parti de supprimer les ar- bitres.
D'après mon expérience personnelle, j'estime que VltlX A15LS ET NOUVELLES IlEFORMES.
Le moujik a naturellement choisi les meilleures terres, et le propriétaire subit la } erte des dix der- nières années de fermage.
Juand je lis procéder à l'arpen- tage, je constatai que tous les villages, excepté deux, avaient plus de terres et quelques-uns beaucoup plus qu'il ne devait l,cur en revenir.
Tout était cul- livé, ce qui prouve que sous ce rapport l'émancipa- tion n'a pas échoué, et que, contrairement au préjugé universellement répandu, les paysans utilisent les terres {ui leur sont données.
Je n'ignore pas que bon noml re de personnes considèreiit l'émancipation comme un insuccès; il est assez difficile de saisir les arguments sur lesquels s'appuie cette assertion.
Je viens d'indiquer une des critiques les plus sou- vent reproduites; une autre consiste à dire que les propriétaires ne peuvent se procurer assez d'ou- hi:ri'.
Je ne crois pas que cette opinion soit fondée.
S'il est de fait que dans quelques parties de l'em- pire l'agriculture manque de bras à certains mo- ments, par exemple aux époques de la fenaison et tle la moisson, l'émancipation n'y est pour rien.
Sans vouloir soutenir que la rareté de la main-d'œuvre soit un avantage pour le propriétaire, elle prouve du moins que le paysan a retiré de son alTrancliissement des bénéfices immédiats, car elle démontre qu'il a de quoi s'occuper sur sa propre terre.
On me répondra que ce n'est } as une raison ; que tout au contraire il passe peut-être tout son temps à ne rien faire.
Je le nie encore.
Il faut que sa fomillc et lui mangent ou meurent de faim ; or ils ne meurent pas de faim et ils ne mendient pas.
Dans aucun des pays que j'ai parcourus je n'ai vu moins de mendiants qu'en Russie.
On en rencontre dans les grandes villes, comme dans toutes les grandes villes du monde; mais, même là, ils sont, plus que partout ailleurs, de la variété que j'appellerai professionnelle, c'est-à-dire qu'ils sol- licitent приведу ссылку dons en nature qu'ils vendent ensuite.
En iUissie, le mendiant de cette catégorie est tou- jours muni d'un grand l issac dans lequel il met les VIEIX A151S ET NOL'VELLES lïEEdli.
X la campagne et dans les i C- tites villes, les mendiants sont fort rares; on n'en voit guère d'autres que ceux qui se tiennent à la porte des églises; encore sont-ce généralement des vieillards et des infirmes des deux sexes.
S'il y a manque de bras ce que je n'admets pason doit l'attribuer à l'étendue de plus en } lus grande du sol mis en culture.
Bon nombre de propriétaires, voyant {ue l'éman- cipation leur avait enlevé une grande } artie de leur revenu en substituant un obrok 1 fixe aux sommes souvent énormes qu'eux ou leurs intendants extor- quaient des mallieureux serfs, ont naturellement tourné leur attention vers leurs propriétés, et com- mencent à faire valoir pour leur compte sur une bien plus grande échelle qu'ils ne l'avaient tenté jus- qu'alors.
Ils assurent que la main-d'œuvre est rare, et crient que l'émancipation les a ruinés.
La véritable cause de cette pénurie est dans la difficulté naturelle de trouver assez de bras pour cultiver un terrain qui, jusqu'à présent, était resté en friche et ne néces- sitait aucun travail.
Mon opinion trùs-arrètée est cependant qu'à un moment donné la main-d'œuvre manquera en Russie, à moins qu'on ne prenne des mesures pour favoriser l'établissement d'un courant d'émigration entre les provinces où les Ijras surabondent et celles où ils font défaut.
Malgré tout ce qui a été écrit sur les tendances nomades des Russes, il n'est pas du tout facile de les décidera émigrcr; ils détestent les cbangements de domicile, et aucun bomme n'est } lus attacbé que le moujik à son village natal.
Le serf émancipé a le sentiment de sa liberté; il comprend les avantages de sa nouvelle condition; peu à peu, il s'apercevra qu'il n'a pas besoin de cbcr- clier d'ouvrage cliez les autres, que sa terre suflit et au delà à ses besoins.
Les cbcmins de fer lui font vendre ses produits plus cber; les voyages et Фотобумага IST матовая односторонняя A6 (10x15), 220 г/м2, 100 листов [M220-1004R] développement de son intelligence lui apprennent à tirer meilleur parti du sol; avec le temps il devien- dra indépendant et n'aura plus besoin de travailler pour les autres.
Il en résulte qu'à moins qu'on ne trouve le rnojen d'accroître la population, la main-d'œuvre deviendra déplus en plus rare.
Mais les bras ne manquent pas encore, et la preuve, c'est que chaque jour les terres augmentent considé- rablement de valeur.
Peu importe que cela tienne à une cause ou à une autre.
Je ne crois pas que la noblesse russe ait perdu à la suppression du travail gratuit des serfs, si on entend bien cette expression.
La noblesse russe, ou plutôt la partie de cette no- blesse qui fait entendre des plaintes à посетить страницу sujet, ne tirait pas ses immenses revenus du travail gratuit des serfs, mais bien des redevances considérables qu'elle imposait à certains d'entre eux, en échange de l'au- l Environ 2 acres 3''i.
Des intendants des plus vastes domaines de l'empire m'ont affirmé l'exactitude de ces remarques; des Колодезный насос DAB DIVER 100 HF T-NA 3x400 V (1200 Вт) qui, pour la plupart, avaient passé leur vie à faire une espèce de métier de garde-chiourme, m'ont attesté que mes assertions étaient justes.
Mais, pour appré- cier sainement les résultats réels de cette grande entreprise et décider en connaissance de cause si elle a, oui ou non, réussi, je préfère considérer les moujiks eux-mêmes et tirer mes conclusions d'obser- vations directes.
Je rencontre chez les paysans des signes non équi- voques de progrès.
Partout dans les villages des mai- sons neuves se construisent; les vieilles se réparent; les champs sont mieux clos, les cours plus grandes ; sur beaucoup de maisons de ci-devant serfs sont clouées les plaques des compagnies d'assurance contre l'incendie ; les chevaux sont plus souvent ferrés, les VIEUX AP.
IS ET NOUVELLES RÉFORMES.
Ne reconnais- sons-nous pas là des preuves de la transformation des paysans?
La plupart de ces faits se seraient-ils jamais produits sous un régime de servage?
Je demande donc au lecteur si je n'ai pas le droit d'affirmer que l'émancipation n'a pas échoué, et qu'elle est au contraire un succès, et même un grand succès.
Je vais vous citer des читать de serfs émancipés, en vous demandant si vous les auriez entendus il y a quelques années.
A un petit liuffet du chemin de fer de Moscou à 1', I.
« Ne voyez-vous pas que je suis général?
» s'é- cria en fureur l'aristocratique personnage galonné de rouge.
» Sous l'ancien régime, je n'aurais pas aimé à être le garçon, tandis que sous le nouveau il eut l'avan- tage et mit les rieurs de son côté.
Autre anecdote : je voyageais dans un tarantass, en compagnie du colonel d'un régiment de cava- lerie.
Trouvant que notre coclicr ne nous menait pas assez vite, nous nous mîmes à crier après lui, mais inutilement; les jurons ne produisirent pas plus d'effet; alors mon ami en colère se leva; mais le co- clier, qui savait ce que cela signifiait autrefois, se tourna et lui dit по ссылке « Vous savez, Excellence, que maintenant vous n'avez plus le droit de me battre'?
» Ce mot ferma naturellement la bouclie à mon compagnon, qui, ap- VIEUX ABUS ET NOUVELLES RÉFORMES.
Pour faire sentir toute la portée de cette historiette, j'a- jouterai que le prince qui m'accompagnait possédait un domaine de plusieurs centaines de milliers d'ares situé à peu de distance de l'endroit où eut lieu cet incident, et que par conséquent le cocher savait par- faitement qu'il avait affaire à riiommc le plus puis- sant du pays.
Qui donc 4 nier que le paysan n'acquiert journellement le sentiment de sa propre dignité?
Le serf émancipé est, sans comparaison, ce qu'il y a de plus important et de plus intéressant à étudier en Russie.
Il a été l'ohjet d'appréciations sévères; mais observez-le comme je l'ai observé, vivez avec lui comme j'ai vécu pendant plusieurs années avec 3.
Cette grande réforme a été suivie de l'introduction des chemins de fer.
Quoique la Russie soit un pays où les chemins de fer doivent, avec le temps, se sou- tenir seuls et même donner des bénéfices, l'industrie privée avait toujours reculé devant l'immensité des distances et la rareté des villes.
Notre génération n'au- rait probablement guère connu d'autre ligne que celle de Saint-Pétershouro- à Moscou, si le gouverne- ment de l'empereur, dans un esprit de prévoyance pour le pays, n'avait pris à sa charge, ou du moins garanti les frais de premier établissement d'un grand nombre перейти на источник lignes.
L'empereur, le propriétaire et le paysan béné- ficient également du réseau de lignes qui met main- tenant la capitale à portée de toutes les foires, de tous les lieux d'approvisionnement, de toutes les mines de l'empire; qui ouvre des ports d'embar- quement commodes à d'inépuisables richesses miné- rales, et assure des débouchés à d'immenses régions fertiles en excellentes céréales, mais que leur éloi- VIEl'X ABUS ET NOUVELLES RÉFORMES.
Il va de soi que la création de communications rapides entre la capitale et l'extrême frontière a considérablement accru la force militaire de l'em- pire.
On raconte que le plan de la ligne de Saint-Pé- tersbourg à Moscou fut soumis à l'approbation de l'empereur Nicolas.
Les campagnards profitent largement des facilités de communication qui leur sont offertes pour vi- siter les grandes villes, et ils rapportent de ces excursions des idées plus larges et plus intelli- gentes que celles qu'ils peuvent acquérir dans leurs villages.
Les chemins de fer exercent ainsi une influence bienfaisante dans tout le pays, et contribuent à la destruction des vieux préjugés.
A mesure que se répand l'habitude de circuler.
Il y a dix ans, ces formalités étaient terribles.
On vous demandait à chaque instant votre passe-port ; vous étiez retardé, tracassé, obligé d'avoir constamment l'argent à la main.
Tout cela est changé aujourd'hui, et le mémo passe-port sert d'une extrémité de l'empire à l'autre, sans qu'aucun fonc- tionnaire ou agent de police vienne entraver votre liberté d'action.
Pendant un voyage de plus de 10,000 verstes que j'ai fait en 1869, on ne m'a pas demandé une seule fois mon passe-port.
La politique de la Russie tend à devenir libérale en tout.
Dans une société douée, comme la société russe, d'une constitution à part, une réforme quelconque exige une grande prudence de la part de celui qui l'entreprend.
Le dernier tarif douanier, quoique trés- protecteur si on le juge d'après nos idées anglaises, est cependant en grand progrés sur le précédent.
Des réformes énergiques s'opèrent dans les cou- ches inférieures de l'administration.
Le nombre des employés a été considérablement réduit dans plu- sieurs départements; d'anciens abus sont mis en lumière et, selon les cas, violemment extirpés ou doucement corrigées.
Enfin - — je parle d'après mon YIELX ABUS ET NOUVELLES REFORMES.
On conçoit combien il était diflicile d'attaquer une vénalité passée à l'état chronique.
Il était malaisé de se rendre un compte exact de la situation.
Душевая дверь Radaway Torrenta DWJ/R 100 прозрачная, хром, правая (32020-01-01N) de vigoureuses mesures furent prises et les choses ont complète- ment changé d'aspect.
Prenez pour exemple les finances, aujourd'hui gérées par un ministre aussi intègre que capal le, M.
Les impudentes exactions du fonctionnaire russe de la vieille école sont heureusement impossibles au- jourd'hui.
Jadis, cet homme vous abordait sans ver- gogne pour solliciter votre bienveillance : il était si pauvre, il avait tant d'enfants, de si maigres appointe- ments!
Un devoir à remplir n'était pour lui qu'une occa- sion d'extorquer de l'argent.
Ni le soin de la sûreté publique, ni aucune autre considération ne pouvaient balancer dans son esprit un Икона Преподобный Иов Почаевский à faire.
Je me trouvais un soir d'été dans un lieu de plaisir célèbre à Moscou; c'était un jardin dont le proprié- taire s'imaginait avoir acquis dans sa jeunesse une sorte de nationalité anglaise en montrant une collec- tion de chiens savants à notre feue reine douairière, et saisissait chaque prétexte de faire montre du peu d'anglais qu'il savait.
Il se mit à m'exposer ses griefs personnels et me dit dans son mauvais anglais, en désignant du doigt une troupe de fonctionnaires qui se régalaient à ses dépens : Regardez-moi ces coquins-là!
J'ai payé 300 rou- bles pour ma licence, 100 roubles pour ma patente d'eau-de-vie, une somme énorme pour mon bail.
Ensuite un monsieur vient me trouver et me dit : Je suis l'architecte du gouvernement; si vous ne VIEUX ABUS ET NOUVELLES RÉFORMES.
» — Qu'avez-vous répondu?
La maudite baraque allait tomber.
» Et on fit une transaction.
L' architecte empocha ses roubles et le public continua à boire du thé et du vodky au péril de ses jours.
Il faut dire à la décliarge de cette bande de fripons, que l'administration forçait ses employés à voler en les payant si peu qu'il leur était matériellement im- possible de vivre avec leurs appointements.
On tenait probablement compte des ressources extraordinaires qu'ils se procuraient.
Un juge appartenant à une des anciennes cours de province me disait un jour que son traitement était de 200 roubles environ 750 fr.
« Comment voulez- vous que je vive?
La suite de son discours nous apprendra comment il faisait pour vivre et prospérer avec son revenu de 200 roubles.
« Vous avez constamment affaire à mon tribunal et vous êtes à chaque instant obligé d'envoyer ici un de vos commis.
Que ne me nommez-vous votre manda- taire?
Cela vous épargnerait beaucoup de peine et детальнее на этой странице LA RUSSIE COaTEMPORAIM:.
» Посетить страницу crois qu'à force de pratiquer un système vi- cieux, son esprit s'était tellement faussé qu'il ne se rendait plus compte de l'incongruité de sa proposi- tion, et qu'il fut } lus surpris qu'offensé d'un refus qu'il attril uait à une délicatesse puérile.
Je crois aussi qu'il avait une certaine confiance dans la bonté de ma cause et qu'il n'avait pas prévu la possibilité d'être appelé à rendre un jugement in- juste en ma faveur.
Mais il est difficile d'admettre que si nous avions fait arrangement, mes adversaires eussent eu beau jeu dans les cas douteux.
Mon commis, revenant un jour d'un tribunal où j'avais eu plusieurs alïaires à sou- tenir, soit comme plaignant, soit comme défendeur, me rapporta de la part du juge des nouvelles conii- dentielles de mes différents procès.
« Telle questidU a été tranchée en votre faveur, — Ivan Ivanovitcli est condamné; — Michel Michaelovitch est débouté », et ainsi de suite.
Enfin, pour résumer : « Tout a été décidé selon vos désirs; le juge vous fait ses conipH- VlEl'X Ar.
» Grâce à de petites douceurs de ce genre on dimi- nuait les ennuis qui accompagnent de fréquents re- cours à la loi.
Mais ce n'était pas seulement le juge qui mettait aux enchères sa hienveillance ; le plus infime plumas- sier n'exerçait que moyennant argent comptant les humbles devoirs de sa profession.
Vous entriez par exemple dans le bureau d'une administration publique pour une simple formalité.
Vous vous approchiez du tchinovnik, qui, devinant vos intentions, paraissait absorbe dans son travail.
« Bonjour, Ivan Ivanovitch », disiez-vous poliment et amicalement.
Vous répétiez dix fois de suite votre phrase, Ivan restait plus sourd que la feuille de papier qu'il salissait.
Alors vous posiez tranquil- lement un billet de trois roubles devant lui, on ré- pétant : « Bonjour, Ivan Ivanovitch », et en lui de- mandant des nouvelles de sa santé.
Ivan se levait comme mu par un ressort, et laissant subitement ce travail si absorbant, il vous donnait une cordiale poignée de main et vous demandait ce qu'il aurait le plaisir de faire pour votre service.
Vous étiez alors 5i LA rissip: contemporaine.
On comprend sans peine qu'un juge qui accepte de l'argent se trouve fréquemment dans le cas d'être payé par les deux parties.
J'ai été témoin d'un fait de ce genre assez curieux.
J'avais un procès im- 4 devant un petit tribunal, et la décision des juges m'avait été communiquée officieusement avant d'être rendue publique; Tangit нить 100 метров n'était pas favorable aux intérêts que je représentais.
Or les juges étaient, à ma connaissance, également bien avec mon adver- saire et moi, et désiraient nous contenter tous les deux.
A cet effet, ils avaient rendu le jugement suivant : « Verdict en faveur du plaignant, avec droit d'appel pour le défendeur; le jugement ne sera exécutoire que quand le résultat de l'appel sera connu.
» La der- nière partie du jugement était en contradiction fla- grante avec la loi, et en somme la sentence devenait une lettre morte, puisque l'appel aurait duré plu- sieurs années.
Quand le jugement fut connu officiellement, j'en- voyai mon commis en prendre copie sur le registre de la cour.
Il reconnut qu'il n'avait pas été entérine dans VIFAX ABUS ET NOUVELLES RÉFORMES.
Cependant, en examinant attentivement le registre, il s'aperçut que plusieurs feuillets avaient été enlevés et remplacés par ceux sur lesquels était transcrit le jugement; la colle était encore fraîche.
De plus, la minute du jugement ne portait pas la signature du greffier.
J'allai trouver ce dernier, et lui exposai que d'après la loi, altérer un registre ou un jugement constituait un cas de Sibérie.
Que signifiait tout cela?
Il m'avoua que lorsque les juges s'étaient aperçus de l'illégalité de leur première sentence, больше на странице avaient coupé dans le registre les feuillets sur lesquels elle « était transcrite et en avaient collé d'autres à la place.
Ils avaient jeté l'original de l'arrêt dans le poêle ; mais comme il n'y avait pas de feu, le greffier l'avait re- tiré, et en effet il me le présenta!
J'ai à peine besoin d'ajouter, qu'ayant porté l'af- faire à la connaissance des autorités compétentes, je n'entendis plus parler du second jugement et qu'il fallut recommencer le procès.
Je ne sais pas au juste ce {u'il advint des juges, mais je crois qu'ils furent tous suspendus.
La vieille loi russe sur les témoins interdisait aux parties de déposer dans leur propre cause.
Il court à Moscou une anecdote curieuse qui montre les effets de cette loi.
Un prince de grande famille, qui avait une passion exagérée pour la toilette, fut très-mécontent de certains habits qu'il avait reçus du tailleur fashionable de l'endroit.
Il passa chez cet homme pour lui faire des reproches.
L'autre reçut très-mal son noble client, lui dit qu'il n'admettait pas qu'on critiquât ses habits, et mit brusquement fin à l'entrevue en envoyant le prince d'un coup de pied on Ijas de l'escalier.
Le привожу ссылку voulut que per- sonne ne se trouvât là.
Le prince courut aussitôt chez le commissaire de police du district lui demander justice.
Le qunrhil- rtik posa la question de rigueur : «.
Quels sont vos té- moins?
» Malheureusement il n'y en avait pas — per- sonne n'avait été témoin de l'insulte.
Le quartalnik se contenta de hausser les épaules, et exprima ses regrets de ne pouvoir agir.
Sans se laisser décourager par ce premier échec, le prince passa par tous les degrés de la hiérarchie et s'adressa successivement au quatrième « chef de po- lice », puis au troisième, puis au second.
La réponse fut partout la même : sans témoin il n'y a rien à laire.
J'ai donc la confiance que vous me ferez donner satisfaction de l'insulte que j'ai читать полностью />» Le haut fonctionnaire répondit comme ses subor- d jnnés : « Quels sont vos témoins?
» Cependant le lendemain le prince reçoit une lettre du chef de police, lui disant que le tailleur viendrait à telle heure lui faire des excuses.
Quelques instants avant le moment indique, le prince envoie son domes- tique faire une commission à l'autre bout de la ville; il reçoit le tailleur en téte-à-tète, ferme la porte à clef, cravache son homme et finalement l'envoie d'un coup de pied en bas de l'escalier.
Le tailleur, à qui on avait persuadé {uc ses excuses seraient gracieusement accueillies, courut tout sur- pris chez le chef de police pour lui raconter la ré- ception qui lui avait été faite.
« Je n'y suis allé que pour complaire à Votre Excellence ; je croyais que le prince accepterait mes excuses; loin de là, il m'a battu et chassé à coups de pied; je demande justice.
Le chef de police manda le i»rince cl lui adressa des reproches.
Excellence, répondit le prince, il se peut que le tailleur vous ait conté cette histoire, mais où sont ses témoins?
» Знаю Японская гравюра Хиросигэ Утагава - 100 видов Эдо, 89.

Лунная сосна на территории монастыря в Уэно, качестве suivante montrera quels tripotages étaient possibles sous l'ancienne loi.
Un procès qui durait depuis plusieurs années l'ut enfin jugé par le sénat dans un sens qui ruinait le perdant.
Celui-ci n'y voyait aucun remède et se résignait à la perte de tout son https://chmall.ru/100/severniy-most-amd-igp9000-216cls3bga21h.html, quand il reçut un matin la visite d'un petit tchinovnik à la tête ronde, qui, sans plus de circonlocutions, lui demanda quels seraient ses honoraires dans le cas où il réussirait à empê- cher l'exécution du jugement.
L'autre répondit d'abord que c'était une chose impossible ; puisque le sénat avait jugé et que la décision était sans appel.
« C'est mon affaire, dit le tchinovnik; me donnez- vous 5,000 roubles, si je retarde de six mois l'exé- cution du jugement?
» — Volontiers, dit l'autre; mais comment vous y prendrez-vous?
Vous n'oublierez pas nos conventions?
» MEIX ABUS ET NOIVELLES RÉFOHMES.
Cependant il ne demeurait pas oisif et réalisait ses propriétés, qui étaient situées dans le gouvernement de Tambov.
De ce port de refuge il entama une cor- respondance avec son créancier, fit un compromis avec lui et, l'affaire réglée, retourna en Russie.
Au bout d'environ six mois, il reçut notification de la sentence de la cour, devenue inolfensive, et le tchinovnik vint réclamer ses honoraires.
Je me suis Iromjté pour la V ' tre ; j'ai écrit « gouverneur de Tomsk » au lieu de « gouver- neur de Tambov ».
Or vous savez {ue, grâce à toutes nos formalités, il faut au moins six mois pour qu'une lettre aille à Tomsk et en revienne.
Je vous avais jus- tement promis un répit de six mois ; Terreur n'a été découverte qu'au bout de ce temps.
» Les abus mis en lumière par ces anecdotes dispa- raissent rapidement sous rinfluence de la nouvelle loi qui, sous Alexandre II, a déjà été mise en vigueur dans la plupart des gouvernements de l'empire.
L'empereur Nicolas avait donné la première im- pulsion à cette gigantesque réforme, en fondant une excellente école de droit à l'usage des jeunes gens qui se destinaient aux carrières judiciaires.
Il l'ut inipossiljle d'introduire la nouvelle loi dans toute la lUissie à la fois, parce qu'on manquait en province d'iiommes remplissant les conditions vou- lues pour être juges.
Sous l'ancien régime, la soi-disant justice était rendue par écrit et à buis clos.
D'après la nouvelle loi, dont c'est peut-être le plus grand bienfait, les séances des tribunaux sont pu- bliques et les premiers magistrats sont inamoviljles.
Les juges de paix sont payés, et nommés à l'élection VIEIX Alilb ET NOUVELLES IIÉEUUMES.
Gl par les habitants et les propriétaires terriens ; il y en a un par district.
Il est nommé pour trois ans, au bout desquels il peut être réélu.
Il doit, pour être éligible, posséder une certaine quantité de terres.
Ses décisions sont définitives quand la peine est une amende de 15 roubles ou un emprisonnement de trois jours au plus ; au delà, elles sont susceptibles d'ap- pel.
Cette juridiction s'étend, en matière civile, à toutes les affaires dont l'importance ne dépasse pas 500 roubles ; en matière criminelle, à tous les cas où le maximum de la peine serait trois mois de prison.
Le recours est porté devant l'assemblée des juges de paix, qui peut être comparée à nos sessions tri- mestrielles de juges de paix, et qui prononce en der- nier ressort.
Les grands procès civils se plaident d'abord devant la circuit-court, qui comprend, outre les juges, un procureur impérial, chargé de résumer devant le tri- bunal les laits de la cause, de donner ses conclusions, et surtout d'indiquer et de commenter les articles du code qui s'appliquent au point en litige.
Quand il a fini, les juges se retirent et délibèrent à huis clos.
On en appelle de ce tribunal de première instance à la haute cour de justice, et de cette dernière au sénat ; non pas à l'ancien продолжение здесь, mais à une chambre HERBERT CARRY.
Les affaires criminelles importantes sont soumises au jury.
Les jurés sont pris dans toutes les classes de la société.
Les juges sont maintenant bien rétri- bués, et par conséquent indépendants; l'ancien sys- tème de corruption et de péculat est devenu impos- sible.
L'opinion universellement répandue en Russie est que la nouvelle loi produit les meilleurs effets.
Pour ma part, je témoignerais volontiers en sa faveur.
J'ai eu mainte occasion d'en voir les effets, soit dans les villes, soit à la campagne.
Comme dans toute réaction on est disposé à dépasser le but, les tribunaux institués d'après la nouvelle organisation dépassent souvent les bornes de la stricte justice et sont trop enclins à favoriser le pauvre dans ses dé- mêlés avec le riche.
Mais ce mal temporaire dispa- raîtra à mesure que les changements qui l'ont amené perdront de leur nouveauté.
Du reste, le nouvel état de choses a moins d'incon- vénients que l'ancien, à propos duquel un publiciste pouvait écrire : « La justice est le département qui exige le plus impérieusement des réformes.
Nulle part on ne peut dire avec plus de -vérité qu'en Russie VIEUX AI'.
» J'ai connu le temps où un officier supérieur don- nait littéralement des ordres aux tribunaux.
здесь pré- sent, il n'est pas plus que son voisin, et devant le juge de paix le moujik est l'égal du monsieur.
Sous l'ancien régime, les longueurs interminables de la procédure, aussi bien en matière criminelle qu'en matière civile, étaient proverbiales.
Maintenant, les décisions sont si promptes que les paysans en res- tent stupéfaits.
J'eus récemment occasion de pour- suivre un moujik qui avait volé des cclialas.
Il fut déclaré coupable et condamné à trois mois de prison.
Le lendemain du jugement, sa femme vint me trouver et me demanda combien je lui allouerais par semaine durant l'emprisonnement de son mari.
Étonné, je lui dis : « Vous croyez donc qu'il ne le méritait pas?
» Si jamais cette anecdote tombe sous les yeux du ministre de la justice, elle lui en apprendra plus que des volumes sur la supériorité de la nouvelle lui com- parée à l'ancienne.
Les bons avocats manquent en Russie; cela vient de ce que, jusqu'en 1862, le premier venu était ad- mis à plaider.
Cependant les grandes villes ont ren- fermé de tout temps beaucoup d'avocats habiles et instruits, dont quelques-uns étaient d'une honnêteté scrupuleuse.
J'en ai connu un à Moscou qui formait ainsi exception.
Il me conseillait souvent dans des affaires difficiles et excitait mon admiration, moins encore par sa vaste capacité et sa science profonde de la loi russe, que par sa parfaite connaissance des lois des pays étrangers, en particulier de celles de l'Angleterre.
Mais dans les petites villes de province, il était dif- ficile de trouver un bon homme de loi.
On ne distinguait pas, comme chez nous, les fonc- tions d'avoué des fonctions d'avocat, et aucun règle- ment n'empêchait l'homme le plus ignorant de se faire avoué.
Les avocats attachés aux tribunaux établis par la nouvelle loi, c'est-à-dire aux drcmt-conrts et aux cours suprêmes, sont obligés de prêter serment, et on leur accorde pour plaider des facilités qu'on re- fuse aux autres.
Je me souviens qu'il y a quelques mois, dans un traktir de Nijni-Novgorod, mon attention fut attirée VIEIX ARIS ET NOUVELLES RÉFORMES.
En allant aux informations, j'appris que cet homme n'était que ce dont il avait l'air : un simple moujik.
Le principe du self-governmcnt, qui depuis long- temps déjtà est un des éléments essentiels de la so- ciété russe, vient de recevoir une application remar- quable par l'institution des assemblées de district.
Ces assemblées se recrutent par voie d'élection; il y en a une par district, et elles réunissent les attributions de nos veslries à celles de nos bureaux de travaux.
Elle sont chargées des routes, des ponts, de la répartition de l'impôt, et envoient des délégués à Vassemblée 'provinciale, qui s'occupe des affaires générales de la province, telles que la fixation des taxes, la surveil- lance des hôpitaux, des prisons, des médecins, etc.
Le self-government n'est pas une nouveauté pour le paysan russe, en théorie du moins, car jusqu'à présent les abus du pouvoir en avaient singulière- ment gêné la pratique.
On s'accorde à dire que les nouveaux zemstvoes sont en voie de progrès, quoi- qu'à vrai dire ils n'aient pas produit grand'chose jusqu'à présent.
Dans quelques provinces ils ont pu 66 LA RUSSIE CONTEMPORAINE.
Il est de la plus complète évidence que les mesures libérales du gouvernement ont inspiré con- fiance au peuple.
Je puis citer à l'appui des faits signi- ficatifs.
Il y Лепнина Плинтус из SX138 Axxent Дюрополимер SX138 плинтуса полиуретан quelques années, le paysan cachait страница éco- nomies et se défiait des fonds publics.
Maintenant, l'argent accumulé depuis si longtemps rentre dans la circulation, et les placements des cam- pagnards ont déjà exercé une influence notable sur le cours des valeurs de l'Etat.
Les bons qui avaient été émis par la couronne, sous le nom de certificats de rachat, pour indemniser les propriétaires d'esclaves, se vendirent bientôt à 60 pour 100 du taux d'émission ; ils sont maintenant à près de 90, et cette hausse considérable est due aux nombreux achats des serfs émancipés.
Grâce aux facilités de transport offertes par les chemins de fer, les produits du sol ont haussé de prix.
Le petit fermier et sous le régime communal tout paysan russe est un petit fermier s'aperçoit que son blé se vend plus cher à un marché éloigné que dans le village d'à côté.
Cette découverte lui fait venir VIEUX ABUS ET NOUVELLES RÉFORMES.
C7 des idées de commerce ; il s'associe à son voisin, et souvent le succès dépasse ses rêves les plus ambi- tieux.
Je connais beaucoup de paysans qui apparte- naient autrefois à la classe la plus infime, et qui sont maintenant à la tête de maisons de commerce impor- tantes.
Il est cependant une chose que tous les Russes ignorent encore et dont ils n'apprendront à con- naître l'importance que par l'usage des chemins de fer : c'est le prix du temps.
ссылка на подробности un jour de Nijni- Novgorod h Moscou.
Le train était de deux heures en retard ; j'en fis la remarque à un autre voyageur, qui parut fort surpris démon observation.
Il resta un ins- tant muet d'étonnement, puis me dit : « Qu'est-ce que cela peut nous faire d'arriver à Moscou demain plutôt qu'aujourd'hui?
» En général, l'industrie et le commerce se dé- veloppent et prospèrent sous le nouveau régime ; le peuple gagne en intelligence et s'ouvre à des idées nouvelles ; les journaux sont plus nombreux et plus répandus qu'autrefois.
On entend parler politique et discuter hbrement les actes du gouvernement; les masses se préoccupent de défendre leurs intérêts; enfin, le découragement et l'apathie qui caracté- risaient le Russe il y a peu d'années, disparaissent rapidement.
Il est instructif d'observer les progrès du budget.
En dépit de la somme énorme — environ 300 mil- lions — absorbée par les intérêts de la dette, et en ne tenant pas compte des recettes et des dépenses extraordinaires, le déficit diminue cbaque année.
Si la Russie reste en paix quelque temps, elle pren- dra certainement un développement extraordinaire.
Ce pays, si bien doué par la nature, renferme d'incalculables richesses minérales; il peut produire des quantités presque illimitées de grain, 4 dispose d'immenses pâturages; il n'a besoin, povu' acbever de s'épanouir sous son gouvernement libéral, que des bienfaits de la paix.
Il est difficile de prévoir les destinées futures de ce puissant empire.
Grâce aux ressources que je viens d'énumérer et à l'indépen- dance qu'elle acquiert vis-à-vis des autres pays par le développement de sa propre industriela Russie marche en avant d'un pas ferme et rapide.
Ceux-là seuls qui l'ont beaucoup parcourue se font une idée de ce qu'elle accomplit.
Elle possède de nom- l reuses fabriques de rails et de wagons ; des usines se fondent pour la construction des machines, et le jour n'est pas loin où les chemins de fer seront des- servis par des locomotives faites en Russie par des Russes.
C9 Le gouvernement favorise tant qu'il peut les ma- nufactures.
Les entraves qui gênaient autrefois le fa- bricant et arrêtaient l'essor de l'industrie diminuent tous les jours, et elles auront bientôt complètement disparu.
La couronne, qui était le plus grand producteur de l'empire particulièrement pour les métauxcède ses établissements à des particuliers qui en tirent un meilleur parti ; on se conforme partout au principe que le pouvoir doit gouverner et non trafiquer.
Un vaste champ est ouvert à l'activité des ouvriers et des industriels des autres pays.
Jadis un étranger qui fondait un établissement en Russie courait tou- jours un certain risque; il était vu avec défaveur, soumis à des conditions onéreuses et en butte aux injustices criantes et perpétuelles de l'administration.
Maintenant, au contraire, ses droits et sa liberté sont aussi bien garantis que dans son propre pays; on le protège, on le favorise, on l'encourage à don- ner l'exemple d'une initiative intelligente ; les gens du pays ne tardent pas à l'imiter quand ils voient de l'argent à gagner.
J'ai connu beaucoup d'étrangers établis en Russie, surtout des Anglais et des Alle- mands, qui, arrivés comme simples ouvriers ou tout au plus comme contre-maîtres, se sont fait une po- 70 LA RUSSIE CONTEMPORAINE.
Beaucoup même ont gagné de grosses fortunes et fondé pour leur compte d'énormes entreprises.
Un Anglais établi à Tumen me disait l'autre jour : Je viens d'aller revoir mon pays, mais j'aime mieux celui-ci.
Il y a sept ans, j'étais contre-maître à Glas- gow.
On me fit des offres pour la Russie.
Je voulais parvenir, j'acceptai.
Cela ne m'a pas mal réussi.
Je viens de quitter ma place посмотреть больше 15,000 roubles à moi, et je vais construire des bateaux à vapeur pour les rivières de la Sibérie.
» A Glasgowcet bomme aurait mis longtemps à amasser 50,000 fr.
Le succès croissant des compagnies d'assurances contre l'incendie montre combien le peuple des cam- pagnes a gagné en intelligence et en bon sens.
L'as- surance contre l'incendie est entrée dans les mœurs, ainsi qu'il est facile de s'en convaincre; passez dans les hameaux les plus écartés, devant les habitations les plus isolées, vous ne verrez guère de maison qui ne porte la plaque d'une compagnie.
Autrefois, le peuple nourrissait un préjugé religieux contre l'as- surance; s'assurer, c'était, selon lui, témoigner de la défiance envers la Providence.
Quand le feu prenait dans un village, les по ссылке VIEIN.
Ils restaient les mains jointes à contempler le désastre, en répétant : « C'est la volonté de Dieu.
» Je l'ai vu plus d'une fois de mes yeux.
Un jour qu'un grand incendie avait éclaté à côté d'un lac, je trouvai le pope qui regardait tran- quillement, entouré de toute la ПАЦАНЫ Накопительный электрический водонагреватель Electrolux EWH 100 Centurio Digital 2 H меня de l'en- droit.
Je lui demandai pourquoi il n'essayait pas d'éteindre le feu : « Ce serait inutile, me répondit-il; c'est la volonté de Dieu.
» Eflectivement, je me mis à la tète des habitants, et nous nous rendîmes maîtres du feu avant qu'il eût causé de grands dégâts.
Le lendemain ma- tin, je rencontrai de nouveau mon pope : « Vous voyez bien que nous avons réussi à éteindre le feu hier soir.
Avant l'émancipation, il n'existait en Russie que deux classes, la noblesse et les serfs.
Nous mettons à part les étrangers, fort nombreux dans les gran- des villes.
« En étudiant la société russe, dit l'évéque James dans son Ràit de voyage, écrit en 1813, nous voyons qu'elle ne comprend que deux classes réelle- ment distinctes : les nobles et les esclaves.
» Les clioses ont changé, et nous pouvons diviser la popu- lation en cinq classes au moins :.
Quoique les grands seigneurs reçoivent une éduca- tion soignée, peu d'entre eux ont une valeur réelle.
Tous parlent facilement plusieurs langues ; ils saluent avec une grâce qui ferait honneur à un maître de danse; ils ont de honnes manières et parlent le jar- gon du heau monde ; ce sont de grands connaisseurs en vins, en chevaux et en spectacles, des épicuriens en fait de table et de toilette ; mais il n'y a rien de sérieux en eux ; ce ne sont pas des hommes ; une série de générations débauchées et frivoles a abâtardi la race.
Elevés, dès le berceau dans le luxe et la mol- lesse, ils conservent toute leur vie ces habitudes ef- féminées.
Leurs enfants sont de vraies poupées, de ridicules petits mannequins qui, à la moindre goutte de pluie, tremblent pour leurs bottes vernies et leurs beaux habits.
Quand je pense à la vie saine et forti- fiante d'un écolier anglais, je suis plein de pitié pour ces pauvres petits êtres que je vois trotter dans les rues, suivis d'une gouvernante qui leur prêche per- pétuellement les convenances.
Les garçons ressem- blent tant aux fdles, qu'il n'y a rien à dire de par- ticulier sur celles-ci, sinon qu'elles outrent tous les défauts de leurs frères.
En somme, la haute aristocratie forme une société Ih LA RUSSIE CONTEMPORAINE.
Sous l'empereur Nicolas, tous les jeunes gens étaient tenus de servir l'Etat à un titre quelconque; mais, maintenant, ce n'est plus obliga- toire, quoique les carrières dépendant du gouverne- ment soient seules admises par les fils de grandes familles.
Ils entrent surtout volontiers dans la garde ; leur service consiste à avoir un bel uniforme, à jouer au soldat sur les places de Saint-Pétersbuurg et à s'a- muser.
Cette dernière occupation est la plus labo- rieuse.
On les rencontre en foule dans tous les Контроллер 9361-16i SGL 05-25708-00 (PCIe 3.0 LP, SAS/SATA 12G, 0,1,5,6,10,50,60, 16 de plaisir; comment se passerait-on d'eux à l'opéra, au concert ou au bal?
Ces enfants gâtés de la подробнее на этой странице ont un cùté aimable dans le caractère; il est impossible de trouver des compagnons de voyage plus charmants.
Pleins de morgue avec leurs compatriotes, ils sont gracieux et empressés vis-à-vis des étrangers; ils sont aussi, jus- qu'à un certain point, bien informés, c'est-à-dire qu'ils sont au courant des petites choses, qui, pour eux, constituent la grande affaire de la vie.
Les évé- nements du Jockey-club et de l'opéra sont seuls di- gnes d'intérêt à leurs yeux.
Presque tous sont d'ex- LES HISSES.
Ils seraient aussi embarrassés de vous répondre que le fut un jour un postillon que j'interrogeais au sujet d'un ouvrage en terre construit anciennement par les Tartares près de Kosloff.
Cet homme passait tous les jours devant, et ses ancêtres y avaient probable- ment travaillé sous le knout.
Il s'agissait d'un long parapet fort bas, précédé d'un fossé, et aussi évi- demment fait de main d'homme que s'il eût été de briques.
Cependant mon postillon ne sut me dire autre chose sinon que « c'est une petite colline ».
Les plus intelligents des grands seigneurs com- prennent les défauts d'un système d'éducation qui aboutit à former de beaux danseurs et de brillants courtisans.
Du reste, ils ont reçu de sages conseils d'un haut dignitaire, homme instruit, qui inspectait, il y a deux ou trois ans, l'université de Kertch : « Mes- sieurs, leur dit-il, tâchez d'élever vos fils comme des hommes.
Je reconnais que la génération actuelle est intelligente, du moins à la surface.
Les jeunes gens sont bien élevés, ils font bonne figure dans un salon, parlent couramment le Irançais et les autres langues vivantes.
Causez avec eux, et vous verrez que la majorité manque d'éducation, dans le sens où les nations civilisées entendent ce mot.
Voyons, mes- sieurs, ссылка на подробности le Ступица с подшипником HONDA ACCORD III/CIVIC зад.

GSP, le grec, l'histoire; faites-en des привожу ссылку />» L'avis fut suivi, et, sur les représentations du même dignitaire, l'empereur trancha la question en faveur de l'éducation classique, malgré l'opposition de presque tout son conseil.
Dans quelques familles où on accorde une moins grande importance aux devoirs sociaux, le système d'éducation tumhe dans un excès contraire.
Vous voyez alors des pédants de dix ans, penchés sur leurs livres depuis le matin jusqu'au soir, au grand préju- dice de leur santé et du développement de leur intel- ligence.
Garçons et fdles sont lancés dans le monde ibrt jeunes, cl à partir de la date mémorable où ils y font leur entrée, la société les absorbe entièrement, au détriment de toute occupation sérieuse.
Il existe à Saint-Pétersbourg quelques sociétés sa- vantes, mais peu de membres de l'aristocratie en font partie.
Dans toute ville de province, vous trouvez une foule de gens qui prétendent, à tort ou à raison, appartenir à la noblesse.
Ces prétentions ridicules LES RUSSES.
Jadis, tout propriétaire de terres était noble; ses descen- dants sont restés et resteront nobles.
Il en résulte qu'une foule d'hommes placés sur les derniers échelons de l'échelle sociale se parent de ce titre, qui en outre appartient de droit à tout tchi- novnik ou employé du gouvernement.
Certains grades universitaires confèrent aussi la noblesse.
Les tchinovniks, élevés dans le gymnase ou écolo piil lique de leur district, ne se distinguent ni par l'intelligence ni par l'instruction.
Il est rare qu'ils sachent d'autre langue que le russe; leur science se borne aux quelques éléments indispensables à l'exer- cice de leur profession et à un certain nombre de jeux de cartes.
Ils mangent énormément, dorment profondément et presque perpétuellement, et consa- crent les rares moments où ils sont éveillés, au jeu ou au théâtre de l'endroit.
Ils forment — et surtout ils formaient — une co- terie orgueilleuse ; ils dédaignent la société des com- merçants, qui sont rigoureusement exclus des cercles de la noblesse.
Les femmes, n'ayant pas la res- source du cercle ou d'un emploi même nominal, mènent une vie encore plus oisive, s'il est possible, et plus désœuvrée que leurs maris.
J'ai pénétré souvent dans leur intérieur et ne leur ai, pour ainsi dire, jamais vu un livre entre les mains; une biblio- thèque est un oljjet d'étonnement pour elles.
Que le lecteur veuille bien se souvenir du rôle prépondérant que les langues vivantes jouent dans l'éducation russe ; qu'il considère que les tchinovniks abondent dans toutes les villes de province, où, par le fait, ils représentent officiellement le gouverne- ment, et il verra, par l'anecdote suivante, que je n'ai pas exagéré leur manque d'éducation.
Un de mes amis fut arrêté en se rendant chez moi par une rivière qui se trouva prise; la glace n'étant pas assez forte pour supporter le poids d'un homme, mon ami dut attendre, pour tenter le passage, les effets d'un autre jour de froid.
Il ne savait pas un mot de russe et avait absolument besoin d'un inter- prète.
On en chercha inutilement un par toute la ville ; après d'infructueux efforts, on finit par découvrir une institutrice française, mais pas un des tchinov- niks ni de leurs enfants ne comprenait le français, l'allemand ou l'anglais.
Je connais parfaitement la ville en question.
Sur quinze mille habitants, il y en a tout au plus quatre parlant, français.
» — Ce jugement est trop sévère, si on l'ap- plique à toute la classe aristocratique, qui renferme un grand nombre d'hommes intelligents et distin- gués, et si je rapporte cette parole d'un homme res- pecté par toute la haute noblesse, c'est pour montrer que l'opinion que j'ai exprimée plus haut n'a rien d'exagéré.
Prise en masse, l'aristocratie mérite tout le mal que j'en ai dit, et il est évident que je ne puis tenir compte que de l'ensemble, sans m'arrêter aux exceptions individuelles, La noblesse russe a eu entre les mains, pendant plusieurs siècles, le bonheur et le bien-être de mil- lions d'hommes.
Rendue indépendante par son isole- ment, disposant d'un pouvoir absolu sur des serfs ignorants, elle pouvait tout pour eux.
Il suffit de tra- verser la Russie pour voir qu'elle a failli à sa tâche.
Elle a maintenant perdu son empire ; nous ne sommes plus au temps oii le hasard страница la naissance faisait de chaque fds de noble un roitelet.
Que voyons-nous à mesure que la lumière se fait?
Une race abâtardie et efféminée, qui marche à grands 80 LA RUSSIE CONTEMPORAmE.
Ouant au peuple qui lui était confié et qu'elle a si longtemps opprimé et foulé aux pieds, dix années de liberté lui ont suffi pour mon- trer à l'univers ce qu'il serait devenu sous des maîtres humains et éclairés.
Chacun se représente un commerçant moscovite sous les traits d'un homme barbu, vêtu d'un long et disgracieux caftan de drap grossier, coiffé d'un bonnet noir et chaussé de grandes bottes montant jusqu'aux genoux.
Combien tout cela est changé!
De nos jours, le négociant se présente à la Bourse, rasé de frais, habillé à la dernière mode; il est habile et hardi en affaires, vit largement et comprend l'impor- tance d'être bien posé.
Il flatte et cultive le monde; mais le monde n'est pas pour lui le but, comme pour ses frères d'Occident; c'est le moyen d'arriver au but, qui est la fortune; en quoi il diffère du Français, dont il copie les manières, et de l'Anglais, dont il admire l'habileté commerciale.
Il est pénétré de cette maxime, que passer pour riche conduit sûrement à le devenir.
Son mobilier somptueux, ses fêtes splen- dides, ses chevaux de prix, les bijoux qui couvrent sa femme, sont autant de réclames; pour son compte personnel, il n'en jouit pas.
S'il dépense de l'argent à traiter magnifiquement ses clients, c'est une ajpiire, LES RUSSES.
On se demande, en les voyant, quel besoin ces bommes ont d'argent.
Un jour, dans une ville de province, le corps des marchands donna un dîner en mon bonneur.
Je pas- sai la Конденсатоотводчик поплавковый муфтовый FLT17 Ду25 Ру14 cbez un de ces messieurs, vieillard fort ricbe.
Suivant l'usage russe, il me montra toute sa maison et me fit admirer son coûteux mobilier.
Ce n'étaient que tableaux, meubles de prix, pendules, tapis; l'argent et l'or reluisaient partout.
Je dus me confondre en compliments.
Enfin il m'introduisit dans sa cbambre à coucber, ornée d'un lit magni- fique, et me posa la question de rigueur : « Comment trouvez-vous cela?
« Cela coûte cher, dit-il en clignant de l'œil comme les Russes seuls savent le faire; mais je ne couche pas sur ce lit; je couche dessous!
» Les enfants de ces marchands enrichis se trou- vent dans une fausse position qui offre de grands dangers.
Le père manque d'éducation première, et il a fait sa fortune trop tard pour se polir au contact du luxe.
Il y a un abîme entre lui et ses enfants, qui sont nés « dans la pourpre ».
Aussi n'éprouvent-ils réci- 82 LA RUSSIE CONTEMPORAINE.
Les habi- tudes et les instincts du père choquent le fils, et ceux du fds scandalisent le père.
L'éducation des enfants est entièrement abandonnée à des précepteurs et à des gouvernantes qui pren- nent trop souvent plaisir à développer chez leurs élèves les tendances frivoles et à étouffer en eux les bons instincts.
Depuis quelques années, il est ce- pendant assez d'usage chez les commerçants d'envoyer leurs enfants à l'étranger.
Ils reviennent chez eux plus éclairés que leurs parents, mais beaucoup moins aptes à amasser de l'argent.
Le marchand resté fidèle aux vieilles traditions et aux mœurs de ses ancêtres fait moins grande figure, mais il est plus heureux au fond que son am- bitieux confrère.
Il n'a pas sacrifié le bonheur do- mestique ; il a un intérieur simple, une femme et des enfants élevés comme il l'a été, partageant ses goûts et Kaspersky Security для виртуальных и облачных сред, Desktop Russian Edition.

250-499 VirtualWorkstat préjugés, et imbus comme lui de la passion de thésauriser.
Beaucoup de ces marchands de l'ancienne roche sont possesseurs de grosses fortunes laborieusement amassées, copeck à copeck, par toute une vie de tra- vail et de privations.
Etant donné нажмите чтобы узнать больше de l'ar- gent qui caractérise le Russe, il est vraiment digne LES RUSSES.
Ils ne touchent guère aux cartes et ne font pas de spéculations hasardées.
Ils se contentent de suivre les traces de leurs ancêtres, redoublant d'industrie quand les temps sont propices, et d'économie quand ils sont mauvais.
Ce sont de braves gens, pieux, se conformant à toutes les prescriptions de l'Eglise Dar al Hae мл observant rigoureusement les fêtes et les jeûnes.
Ils offrent sous ce rapport, ainsi que sous plusieurs autres, de frappantes ana- logies avec les juifs.
Il reste à savoir s'ils pourront se plier aux changements et aux innovations que la marche de la civilisation introduit en Russie.
Au cas contraire, ils seront fatalement dépassés et sup- plantés par des concurrents étrangers lancés dans le « mouvement ».
Le portrait du moujik ou paysan ne peut se faire en peu de mots ; mais ce qui s'applique ta l'un s'ap- plique également à ceux de presque toute la Russie.
Pour ma part, je l'ai étudié dans cette partie de l'em- pire qui s'étend de Больше на странице à la Sibérie et de Saint-Pétersbourg à Kief, et partout, jusque dans les déserts glacés du nord de l'Asie, je l'ai trouvé le même.
Il est de mode, parmi ceux qui ont intérêt à maintenir le paysan dans un état d'abaissement, de 8'i LA RUSSIE CONTEMPORAINE.
On prend avec lui un ton de condescendance méprisant et on lui parle comme à un enfant ou à un animal supérieur.
Enfin, on se complaît à développer son plus grand vice, qui est la passion de l'alcool.
C'est là, sans nul doute, un amusement délicat et aristocratique tout à fait di- gne du temps où le pauvre moujik dépendait en- tièrement du bon plaisir du maître, sans aucun espoir d'obtenir son affrancliissement ou d'amas- ser quelque aisance.
Mais l'ère de la lil crté a lui; bientôt l'ancien esclave luttera à armes égales contre celui dont il était la chose, et, ou je me trompe fort, ou il prouvera combien il lui est supé- rieur.
Les nobles et les paysans mettent en action la vieille fable des deux chiens de berger qui habitent tour à tour la ville et la campagne; ils s'endurcissent par un régime sol rc et un travail rude, s'amollissent au contraire dans l'oisiveté et l'abondance ; le loup survient, et c'est le chien, qui a mené en dernier lieu une vie laborieuse, qui le prend à la gorge et l'étrangle.
On accuse le paysan de manquer d'instruction; on a raison, et cela devrait faire honte à ceux dont LES RUSSES.
Il est rare de trouver dans un village d'un district agricole un paysan sachant lire et écrire couramment.
Je crois ne pas aller trop loin en affirmant que parmi les cultivateurs de la Paissie centrale, il n'y en a pas un sur cent источник статьи signer.
Dans les zavods ou villages groupés autour d'un centre industriel, dans l'Oural et dans dilTérentes parties de la Sibérie, la proportion est plus forte; mais le paysan russe a une répugnance extrême à avouer qu'il sait écrire.
J'ai eu souvent occasion de faire des marchés avec les habitants d'un village pour une entreprise cpiel- conquc ou pour des fournitures.
Quand nous étions d'accord sur les conditions et que le traité était ré- digé, je demandais que quelqu'un signât pour la communauté.
Personne ne bougeait jusqu'au moment oîi, m'étant fait désigner un homme sachant écrire, je l'interpellais directement.
Il semblait qu'elle lui brulàt les doigts; toutes ses facultés étaient 86 LA RUSSIE CONTEMPORAINE.
Avec le temps, il écrivait son nom.
J'ai lu quelque part que le mou- jik est une sorte d'animal insouciant et paresseux qui ne sent nullement l'utilité de l'instruction.
Il en sent le besoin et la réclame à grands cris.
Je reconnais que ceux qui savent lire et écrire le dissimulent avec un soin étrange.
Cela vient de ce qu'ils savent leurs compagnons jaloux d'une supé- riorité dont ils pourraient se faire des armes.
Chaque fois que des tentatives isolées ont été faites pour remédier à l'ignorance effrayante du peuple, les écoles ont été confiées à des prêtres de la der- nière classe.
Je montrerai dans un autre chapitre que ces hommes sont eux-mêmes sans éducation, et im- propres, sous tous les rapports, à former des insti- tuteurs : aussi les écoles qu'ils dirigent sont-elles la plupart du temps fermées.
J'ai voulu faire moi-même une expérience dans un village.
Je fondai une école; je pris pour maîtres deux prêtres de la première classe, et je ne tardai pas à avoir soixante-dix élèves très-assidus, et se rendant parfaitement compte des avantages qu'ils retireraient de l'instruction.
Par exem- ple, je gardai l'école sous ma surveillance immédiate.
L'indifférence ki propriétaire, son éloignement de LES RUSSES.
Jadis le possesseur d'une terre grande comme une province se gardait de la visiter; il la laissait à la merci d'un agent dont les fonctions se bornaient à toucher les revenus et qui ne voyait rien au delà.
Il arrivait trop souvent que cet homme était méchant ou malhonnête, et alors les paysans qui dé- pendaient de lui souffraient cruellement.
Ces agents amassaient ordinairement de grosses fortunes par un système d'injustices et d'extorsions qui n'était possible que grâce à l'ignorance des campa- gnards.
Ceux-ci tremblaient devant les intendants.
Un ouvrier barbu me servait un jour de guide.
« Ivan, lui dis-je, combien avez-vous d'enfants?
» Une autre fois, on m'envoya en toute hâte un 88 LA RUSSIE CONTEMPORAINE.
« Eh bien, Ivan, est-ce un grand incendie?
» Et ainsi de suite.
Cet homme était loin d'être idiot; je le connaissais pour un excellent charbonnier.
Les vrais paysans russes sont d'une politesse exquise et se saluent les uns les autres avec une grâce qui ferait honneur à un gentleman.
Il se peut que les changements continuels d'attitude imposés par les cérémonies de leur culte leur aient enseigné ces gestes d'une extrême courtoisie.
Pour les voir avec tous leurs avantages, il faut être, comme cela m'est arrivé plus d'une fois, l'hôte de quelque village écarté situé loin de toute route fréquentée, un de ces villages où on https://chmall.ru/100/plate-noche-mio.html à peine une seule ville de nom.
Tandis que j'attendais, quelquefois une journée entière, l'heure d'aller chasser l'ours dans la forêt, LES RISSES.
SO les membres Дрель ударная Odwerk BSB 811 RE 850 Вт la communauté le conseil muni- cipal de l'endroitinstruits de ma présence et ayant quelque faveur à demander ou quelque affaire de Виниловая наклейка на авто Кулак JDM à traiter, venaient me trouver.
Remarquez l'attitude calme et sérieuse de cet homme, la déférence avec laquelle il s'incline en se levant, la facilité avec la- quelle il s'exprime; admirez la manière claire et précise dont il pose la question et l'adresse avec la- quelle il conclut ; et quand il se sera rassis avec un nouveau salut non moins civil que le premier, vous demanderez qui peut se permettre de dépeindre cet homme comme un sauvage ignorant et grossier, in- capable de culture intellectuelle et morale, frère enfin de Caliban et d'Orson.
Mais si sa tournure, ses manières et son humeur sont celles d'un sauvage, je demande à n'avoir jamais que des sauvages pour ouvriers.
Les moujiks ont sur la justice des idées arrêtées, d'après lesquelles ils apprécient la manière dont on les traite.
L'historiette suivante en fait foi.
Les domaines que je dirigeais avaient été adminis- 90 F.
La plupart du temps, ces pétitions étaient absurdes et même ridicules; cependant je me faisais un cas de conscience de les lire toutes, de crainte de laisser passer par hasard quelque réclamation fondée.
En répondant à un de ces factums, mon secrétaire écrivit au pétitionnaire d'aller au diable.
Les paysans étaient très-accoutumés à cette formule.
Quelques jours après, je rencontrai en sortant l'homme au placet.
C'est bon; cela m'est égal; vous devez avoir raison; j'irai probablement au diable un jour ou l'autre.
Mais voyez-vous, ce qui nous plaît, c'est que vous vous lisez nos pétitions et ne nous envoyez au diable qu'après.
Dans le vieux temps, quand nous apportions une pétition, on nous envoyait au diable sans la lire.
Yoilà ce que nous n'aimions pas ; ce n'était pas juste.
» Mieux vaudrait pour le peuple être un peu moins frusal; souvent il lui suffit de travailler deux ou trois LES RUSSES.
Sa nourriture se compose principalement de pain noir et de soupe aux choux, et sa boisson est le kvass le kvass se fabrique avec du pain noir fer- menté dans de l'eau.
Chacun confectionne ses vête- ments chez soi.
Chaque famille possède une maison, une parcelle du terrain communal — généralement une dizaine d'acres, — une vache, un cheval et un ou deux mou- tons.
источник cela constitue une ferme, petite à la vérité, mais complète et suffisante pour faire vivre une fa- mille.
J'ai constaté souvent que les Russes étaient les meilleurs ouvriers qu'on pût trouver.
Je ne prétends pas soutenir qu'un Russe ait la même capacité de travail qu'un Anglais, mais il a le don de l'imitation.
Donnez-lui un modèle quelconque, et il le reproduira exactement, qu'il s'agisse d'un cadenas ou d'une mon- tre.
Il est surtout excellent charpentier.
On dit com- munément qu'un moujik vient au monde sa hache à la main; il est certain qu'il s'en sert à merveille; souvent il construit sa maison et la meuble entière- ment, sans le secours d'aucun autre outil.
Le plus grand vice du paysan est sa passion pour le vodka.
Sous ce rapport, tous se valent : le membre le plus respectable de la communauté est le vaurien.
Ce n'est pas pour le plaisir de causer, il ne se donne pas le loisir de jouir do l'excitation d'un commence- ment d'ivresse ; il avale silencieusement, et sans se donner le temps de respirer, verre sur verre d'alcool ; vers le cinquième, il est complètement ivre; alors il s'asseoit sur un des grossiers bancs de bois dont sont pourvus les kabaks, met les coudes sur la table, la tête entre ses mains, et reste là tant que le maître de l'établissement le lui permet — c'est-à-dire un temps plus ou moins long, selon que le consommateur est une bonne pratique ou que la place manque pour d'autres cbalands.
Quand le propriétaire du kabak crie qu'il est « temps »le garçon conduit notre ivro- gne jusqu'à la porte et le pousse doucement dehors, de peur qu'il ne tombe sur le seuil même.
Au contact de l'air froid, il s'abat lourdement sur le sol et dort dans la rue jusqu'à ce que la police, si la scène se passe dans une ville, ou ses amis, si c'est à la cam- pagne, viennent le ramasser et l'emporter.
Je ne me souviens pas d'avoir été témoin d'une seule rixe sérieuse pendant mon long séjour en Russie.
Ils sont tous enragés menteurs, mais leurs men- songes sont innocents et proviennent plus de l'habi- tude que du désir de nuire.
Il semble qu'il soit dans leur nature de ne jamais dire l'exacte vérité et qu'ils prennent plaisir à inventer des menteries ingénieuses.
L'indépendance que leur assure le nouveau régime fera disparaître cette habitude vicieuse, conséquence inévitable d'une longue oppression, en accoutumant le paysan à se respecter lui-même.
Les moujiks men- tent sans mauvaise intention et, généralement, pres- que sans motif.
Ils sont très-forts pour inventer de ces petites combinaisons que les voleurs anglais appellent dans leur argot des « iilanls », et quand ils ont des affaires fâcheuses sur les bras il n'est pas de biais auquel ils n'aient recours pour se tirer d'embarras.
Je surpris un matin des gens occupés à voler du bois et du fer sur mon domaine.
Je fis séquestrer les voitures et les chevaux, que j'ordonnai de détenir jusqu'à ce que les coupables eussent payé une amende de 25 roubles par tète.
Le lendemain, ces coquins tinrent conseil et convinrent d'une petite comédie destinée à m'attendrir.
« Dès que tu le verras, dit 04 LA RUSSIE GOINTEMPORAINE.
De mon coté, je jurerai que ma femme meurt de faim.
Tu verras que si nous nous y prenons bien, il nous croira, et que nous en serons quittes à bon marché.
» Malheureusement pour eux, je les avais entendus faire lem' complot; de sorte qu'ils curent beau laire, mon cœur resta de roche.
Ils n'en continuèrent pas moins leur comédie jusqu'à ce que je perdisse patience.
Alors, voyant qu'ils n'obtenaient rien, l'un d'eux tira paisiblement de sa poche une bourse pleine et compta les 50 roubles sur la table en disant : Puisque vous ne voulez pas nous faire remise, il faut bien que nous payions.
» Il se mit à rire et dit à son ami, en lui donnant un grand coup de coude dans l'estomac : « Tu vois, Maxime, le bàrine sait tout ce que nous faisons.
» Ni l'un ni l'autre ne se déconcerta en se voyant convaincu de mensonge.
Ce jour-là, j'avais été juge dans ma propre cause.
Quelque temps après, je fus très-proprement joué par LES RUSSES.
Je suivais un soir une grande route qui traversait un de nos Ijois, juand tout à coup j'entendis des cris, un bruit de lutte et de branches cassées.
Je courus dans la direction du son, et je trouvai un de mes principaux gardes forestiers — un brave homme en qui l'on pouvait avoir toute confiance — aux prises avec un paysan {u'il avait saisi au collet.
A côté d'eux était le corps du délit : la charrette du paysan, chargée de fonte qu'il avait volée aux atehers.
A nous deux nous nous assurâmes du moujik, que nous conduisîmes devant une sorte de coroner, un juge chargé de faire les enquêtes prépa- ratoires dans les affaires criminelles.
Après nous avoir écoutés, le coroner demanda au prisonnier ce qu'il avait à alléguer pour sa нажмите для продолжения : « mon- sieur!
Je traver- sais le bois avec ma charrette vide ; voilà que tout à coup le garde forestier m'appelle : « Holà!
» Moi j'y vais, car j'ai toujours fait tout ce que j'ai pu pour être utile à l'usine.
Je fais entrer ma charrette dans le bois et je me mets à charger la fonte.
Mais dès que c'est fait — vous aurez peine à Où LA RUSSIE CONTEMPORAIINE.
» L'honnête et intelligent fonctionnaire se déclara satisfait de cette explication; le paysan fut mis en liberté, et mon garde forestier et moi nous revînmes au logis l'oreille basse.
Je ne fus pas fticlié d'être privé peu après du voi- sinage de ce magistrat, qui fut compromis dans une îiifairc de faux billets de banque et probablement envoyé en Sibérie.
Ces anecdotes montrent le peu de respect du paysan pour le droit de propriété.
Le moujik est clTectivement voleur de profession, mais par igno- rance.
En mettant les vols à part, la proportion des crimes est moins forte en Russie que dans aucun autre pays, et les coupables sont rare- ment des paysans.
Tous les défauts et les vices du moujik appellent à grands cris le seul remède ef- ficace : l'instruction!
Il m'est arrivé fréquemment узнать больше здесь rencontrer des hommes qui tenaient à la main de petits morceaux LES RUSSES.
по этому сообщению tâchaient de ne pas être pris; mais quand ils l'étaient, ils n'en paraissaient pas honteux.
« Voyons, Ivan, pourquoi avez-vous volé ce mor- ceau de fer?
» Quant au bois, au charbon et autres bagatelles semblables, ils disaient : « Dieu a donné le bois, la terre et l'eau pour tous les hommes.
» Et il était impossible de leur démontrer qu'en se conformant à cette maxime, ils faisaient des choses malhonnêtes.
J'ai dit tout le mal que je sais du moujik, et je re- viens avec plaisir à des souvenirs plus gais.
Au milieu des immenses forets de la Russie, on trouve, disséminés à d'immenses intervalles, beau- coup de petits villages aussi paisibles qu'isolés ; leurs habitants ne s'éloignent jamais du lieu de leur naissance et connaissent à peine le nom de la viile la plus voisine.
C'est là qu'on peut étudier sur le vif le caractère du paysan dans toute sa simplicité.
J'allais de temps à autre à un de ces villages, lorsque je chassais l'ours ou l'élan dans les forêts environnantes.
Je descendais toujours chez le starosta; c'était un 6 gs LA KLSSIE CONTEMPOUAINE.
Ce garde était un homme remarquable en son genre, qui, à force d'intelligence, d'industrie et de persévé- rance, était devenu, de simple serf, régisseur d'une forêt supérieure en étendue à plus d'une principauté allemande.
En outre, il avait résolu de donner à son fils une éducation libérale et d'en faire un artiste.
Secondé par des personnes qui avaient pu apprécier ses louables efforts pour élever sa famille sur l'échelle sociale, il réussit à laire admettre son enfant à l'aca- démie de Saint-Pétersbourg.
Le garde forestier était volontiers questionneur; il aimait à s'instruire.
Nos interminables discussions sur tout en général, et en particulier sur la politique, aiousaient énormément la femme du starosta, mais ne laissaient pas de l'embarrasser un peu.
Un matin, je fumais ma pipe à côté du poêle, atten- dant le jour pour me mettre en quête d'un ours énorme que le fils de mon hôte avait dépisté dans les environs.
Le forestier discutait avec moi la cons- titution anglaise.
Je venais de prononcer le nom de LES RUSSES.
Elle débuta par tout un exorcle.
« Vous m'excuserez, dit-elle, si je ne parle pas anglais.
C'est très-drole que je ne puisse pas parler anglais, mais enfin je ne le peux pas.
Je vous en- tends toujours nommer votre reine Victoria; je voudrais bien savoir ce qu'elle fait pour notre em- pereur, car naturellement elle babite Saint-Péters- bourg?
Non, elle babite son pays, qui est aussi le mien — l'Angleterre.
» Je ne pus jamais la convaincre.
De sa vie elle n'avait entendu parler de pays qui ne fussent pas la Russie, et il était impossible de lui persuader qu'il en existait.
Longtemps après, elle ne cessait de répéter à son mari : « Le bàrine qui voulait me faire croire qu'il y a d'autres pays que la Russie!
» Un de mes amis, qui m'accompagnait à la chasse, lui promit de lui envoyer quelque chose d'Angle- terre : elle n'avait qu'à choisir.
« Seulement, адрес страницы, qu'il soit en bonne soie, et qu'il ait des dessins de toutes les https://chmall.ru/100/kukla-imc-toys-flowy-bloopies-26-sm-99654.html />» Avec le temps, je lui rapportai de Londres un ban- dana flamboyant, en l'assurant que mon ami n'avait pas oublié sa commission.
Elle admira beaucoup l'étoffe aux couleurs vivesmais ссылка на продолжение put jamais comprendre d'où elle venait.
Je regrette d'avoir à ajouter une anecdote qui montrera que l'envie как сообщается здесь la cupidité pénètrent jusque dans ce paisible pa- radis.
La vieille dame nourrissait au fond du cœur un secret déplaisir : sa maison de bain n'était pas assez belle; elle n'était même pas à l'épreuve de la pluie.
Elle résolut de s'en procurer une neuve à mes dépens.
Une après-midi, au moment précis où le tintement des sonnettes de mes chevaux devait annoncer mon arrivée aux habitants du village, j'aperçus en face de moi une lueur rougeàtre se détachant sur le ciel.
« Il y a un incendie dans le village, dis-je à mon fo- restier.
Elle a mis le feu à sa maison de bain pour que vous la voyiez brûler; elle va vous demander du bois pour en construire une neuve, et il est très-probable qu'elle vous en deman- dera dix fois plus qu'il ne lui en faudrait.
» Effectivement, nous trouvâmes la vieille qui pleu- rait et se tordait les mains.
Il faudra donc que je vive et que je meure sale?
» Je lui répondis que nous connaissions 4 petite ruse; elle finit cependant par avoir son bois, moyen- nant une confession complète.
J'ai dit que les paysans avaient des idées fort ar- rêtées sur la justice.
Dans le vieux temps, une puni- tion leur paraissait simplement un acte de violence ou un caprice du maître ; maintenant, au contraire, une juste sévérité leur inspire du respect, et ils n'en con- servent pas de rancune.
J'eus occasion de renvoyer un homme devant le maire de son village pour une faute'grave ; il fut con- damné à recevoir vingt coups de corde.
Il subit patiemment son cbcàtiment et s'en retourna chez lui.
Le lendemain matin, on vint me dire que 6.
Il n'avait pas le moins du monde l'idée de se ven- ger ni même de se plaindre.
Plus d'un se serait défié de cette gracieuse invita- tion à accompagner dans les solitudes d'une épaisse Ibrét un homme qu'on avait fait fouetter la veille; on aurait eu tort.
Je m'en allai dans les bois, seul avec ce moujik, et après une longue journée de chasse nous tuâmes l'ours à nous deux.
Puisque j'ai parlé du fuuct, quelques explications sur ce sujet ne seront pas hors de propos.
Ce n'est pas une peine très-rigoureuse; la preuve en est que le moujik dont j'ai parlé dépista son ours le soir même du jour où il avait été fouetté, et vint le lendemain à la chasse avec moi.
Toutes les fois que les paysans sont mis en contact avec des gens plus civilisés qu'eux, ils sont très-prompts, principalement les femmes, à adopter leur costume, leurs mœurs et leurs manières.
Cette particularité frappe surtout dans les villages zavods, journellement fréquentés par les étrangers on donne le nom de zavod aux villages qui contien- nent un établissement industriel, pour les distinguer des villages d'agriculteurs.
Les jours de fête, je permettais aux habitants de se promener dans notre parc, et je me souviens d'y avoir rencontré des femmes et des jeunes filles en robes de mousseline blanche et en gants de peau blancs.
Je me suis étendu ainsi sur le moujik dans le but d'en donner une idée exacte et de le montrer tel qu'il est réellement et non tel qu'on se le représente gé- néralement.
Selon moi, c'est lui qui sera appelé à 104 LA RUSSIE CONTEMPORAINE.
Tous ceux qui ont vécu comme moi avec lui, tous ceux qui ont appris à connaître ses mœurs, à être indulgents pour ses défauts, et surtout à apprécier sa bonté et sa charité naturelles, joindront leur voix à la mienne pour réclamer en sa faveur l'instruction; qu'on ap- prenne à lire au moujik, et aussitôt il prendra la place qui lui revient sur l'échelle sociale.
Les villes de province se ressemblent toiilcs et ont, à l'exception des plus grandes, un aspect triste et mi- sérable.
Les maisons sont généralement construites en bois; les rues ne sont pas pavées et sont à peine éclairées; quand il pleut, elles se transforment en océan de boue ; quand il fait beau, on est aveuglé par la poussière.
Elles ne sont commodes pour les transports de marcbandises qu'au cœur de l'hiver, lorsqu'elles sont recouvertes d'un épais tapis de neige durcie.
Toute ville de province étale orgueilleusement ses momiments; ils se composent invariablement d'une grande baraque qui contient les administrations; d'une lourde construction en briques et en mortier, où réside le gouverneur, et de quelques grandes maisons habitées par le haut commerce et par les tchinovniks au service de l'Etat.
Les autres maisons d'apparence passable appar- tiennent à la noblesse, aux fonctionnaires d'ordre inférieur, aux petits commerçants, boutiquiers, etc.
Toutes sont construites sur le même modèle.
Elles sont habituellement en bois.
On pénètre d'abord dans un vestibule qui donne accès dans le salon, la plus grande pièce de la maison et la moins meublée.
Quinze ou vingt chaises, deux tables à jeu, un sofa, une table ronde devant le sofa, un piano, un petit tapis sous la table ronde le salon est par- quetédeux grands miroirs avec des cadres de noyer le noyer est l'essence universellement adoptée par la classe moyennetrois candélabres, composent invariablement le mobilier de cette immense pièce.
Un grand portrait de saint dans un coin, une lampe à pétrole, sur la.
De cette salle nous passons dans ce qu'en Angleterre nous appelle- rions le salon; il est plus petit et plus élégant que le premier, mais la composition de l'ameublement est à peu près https://chmall.ru/100/kommutator-osnovo-sw-10800iver2.html même, sauf qu'il n'y a pas de piano.
Cette pièce conduit à l'appartement particulier du maître et de la maîtresse de la maison; si ceux-ci sont très-dévots, les yeux sont frappés, dans leur chambre à coucher, par une collection d'images de VILLES ET VILLAGES.
Nous remarquerons encore la petitesse du lit, dans Icrpiel les heureux maîtres du logis passent la plus grande partie du jour à ronfler, et l'absence des objets de toilette les plus usuels.
En fait de propreté, les Russes n'ont que des no- tions très-élémentaires; ils se contentent de se plon- ger dans un bain bouillant le samedi soir, et de se frotter avec une serviette sèche le reste de la semaine.
Aussi sont-ils stupéfaits de tout смотрите подробнее qu'un Anglais consomme d'eau, et un domestique russe ne peut comprendre pourquoi vous lui demandez pour votre toilette du matin autre chose que le bassin de cuivre étamé et le petit pot d'eau qu'il est habitué à porter à son maître russe.
Il m'est arrivé de faire un lontî- voyage en compagnie d'un personnage important; chaque matin son valet de chambre lui présentait une petite écuelle d'argent, accompagnée d'un pot de même métal, pouvant contenir une demi-pinte d'eau; pendant quinze jours il n'a pas eu autre chose pour se laver.
Il y a encore dans la maison d'autres chambres à cou- cher qu'on ne montre pas.
La cuisine est ordinai- rement située dans la cour, et les domestiques cou- chent où ils peuvent.
Les maisons sont bien bâties; elles sont pourvues de murs épais et de toits so- lides.
La plupart des villes Ont un petit théâtre, un cercle de la noblesse, auquel fait pendant un cercle du commerce, un ou deux hôtels, et l'indispensable gostinoï-dvor en français bazardont la physionomie est très-orientale et où on vend de tout, depuis des allumettes jusqu'à des diamants, bien qu'il y ait aussi quelques boutiques isolées situées dans les rues et перейти на страницу du bazar.
Le nombre des églises est extraordinaire et hors de proportion avec la po- pulation; elles sont toutes blanchies à la chaux, et les portraits de leurs patronspeints à l'extérieur en couleurs vives, leur donnent un air de gaieté.
Enfin on trouve dans presque toutes les villes un ou deux couvents, et dans toutes quelques misérables cahutes disséminées rà et là, où habitent les butosh- niks ou agents de police.
L'exé- cution est meilleure qu'on ne s'y attendrait.
Les Russes sont tous grands amateurs de spectacles et deviennent facilement de bons acteurs.
Ils aiment la musique, et presque toutes les villes possèdent un orchestre assez passable.
Le cercle n'est guère ouvert que trois fois par semaine, excepté dans les grandes villes, où il ou- vre tous les jours.
Il sert principalement à jouer; de temps en temps on y donne des bals, soit parés, soit travestis.
Les bals travestis Амулет Дерево Жизни с сердолик, MKA027-2 З366 méritent pas leur nom.
Ce sont des es- pèces de converzatiom où les dames viennent mas- quées et en domino; les messieurs se contentent d'être en habit ou en uniforme, sans masque; ils causent avec les femmes, l'orchestre joue, mais per- sonne ne danse.
A mon avis, les bals masqués sont une sotte inven- tion; ils peuvent être assez amusants chez les joyeux peuples du Midi; mais en Russie, chez des demi- barbares qui jouent leur rôle avec gravité, ils res- semblent terriblement à un enterrement.
Les hôtels sont en général lioriiblement mauvais, sales et infestés de punaises; cependant ils commen- cent à s'améliorer, et dans certaines villes comme Nijni-Novgorod et Kazan, ils sont bien tenus et con- fortables.
On y fait la cuisine à la française, et les lits, y sont propres.
Cependant il serait téméraire de s'arrêter pour coucher dans une ville de province ordinaire, si on n'a 'pas avec soi sa literie.
Un Russe de la société ne circule jamais sans emporter ses matelas et ses cou- vertures.
Il y a deux ans, je voyageais dans les- provinces du sud, et après une nuit passée en voiture je me ré- jouissais d'arriver à Tambov vers cinq heures du matin et de pouvoir prendre quelques heures de repos à l'hùtel.
Un seigneur, l'un des plus riches propriétaires de la province, qui m'avait dépassé sur la route, s'était obligeamment chargé de me faire i réparer une chambre.
Nous arrivâmes à la porte de l'hôtel, au- dessus de laquelle était écrit en grosses lettres : Ta- bell Dot, et le garçon me conduisit à ma chambre.
Dés le premier coup d'œil, je compris qu'il me fallait renoncer à toute idée de sommeil et de repos.
Le mobilier de cette misérable pièce se composait VILLES ET VILLAGES.
Il n'y avait ni lit ni literie.
Je résolus de m'installer tant bien que mal avec mes couvertures de voy.
Rien de plus simple ; il alla m'en cher- cher tout de suite.
Il sortit, et après un long temps il m'apporta une nappe sale.
Renonçant au luxe des draps, je voulus au moins avoir un oreiller — cet objet que le Russe transporte partout avec lui.
Le gar- çon me promit un oreiller et ressortit.
Il resta absent encore plus longtemps que la } remière, fois et reparut tenant à la main un paquet noué dans une serviette.
Cette vue acheva de me dégoûter de coucher sur le sofa disjoint.
Le prince russe de la chambre à côté, qui se fai- sait suivre d'un fourgon rempli de bagages, n'était pas mal installé et trouvait qu'on était fort bien dans cet hôtel.
Dans les auberges de village, l'usage est de vous offrir « tout ce qu'il vous plaira » en fait de boiie et de manger.
J'étais entré pour dîner dans un Irahlir d'une petite ville située sur l'Oka.
Le garçon vint prendre mes ordres.
Notez que le saumon Irais était inconnu à cent lieues à la ronde.
C'est la réponse invariable des garçons.
Trois minutes après, le garçon revient soi-disant de la cuisine : « Je suis bien fàclié, monsieur; il n'y a plus de saumon frais; on vient de servir le reste.
» Seconde visite à la cuisine ; il reparaît un instant après : « Le cuisinier est bien fâché, mais aujour- d'hui il n'a pu se procurer de mouton.
» Pour terminer, il fit cuire les œufs lui-même, de- vant moi.
La cuisine et le cuisinier n'existaient que dans son imagination, absolument comme le saumon frais, les concombres et le gigot de mouton.
La vie monotone des villes de province n'offre rien qui soit digne de remarque.
On mange et on boit beaucoup, et on joue perpétuellement aux cartes; quand la ville est ricbe.
De temps en temps, une représentation au théâtre, ou le bal de la saison au cercle, viennent apporter un i eu de variété.
Dans quelques centres importants qui renferment un cer- tain nombre de hauts fonctionnaires et où réside la haute noblesseon passe son temps assez agréable- ment.
Toute ville, importante ou non, a- sa prison.
Depuis quelques années, ces établissements ont con- sidérablement gagné.
En traversant Vladimir, capitale du gouvernement du même nom, j'allai voir la prison, que je visitai dans tous ses détails.
L'usage est d'enfermer les pri- sonniers condamnés pour des méfaits sans gravité, IJ'i LA r.
Ceux que je vis à Vla- dimir semblaient de joyeuse humeur.
Les criminels sous le coup d'accusations graves étaient relégués, ordinairement par deux ou par trois, dans des cel- lules situées dans une autre partie du bâtiment.
Je ne vis qu'un seul homme tout à fait isolé ; il avait commis deux assassinats нажмите для продолжения était au « secret », ce qui ne signi- fie pas, comme beaucoup l'ont supposé, que ce fût un prisonnier politique, mais simplement qu'il subissait le traitement réservé aux criminels de la pire espèce.
Je remarquai un noble qui était en prison pour un crime assez grave et qui avait conservé son cos- tume habituel.
On me dit que пост MEDI Компрессионная набедренная повязка (бедренный бандаж) CEP для спорта, универсальная (IV / Чёрны класно!!! « noblesse » lui donnait le privilège d'être dispensé de l'uniforme pénitentiaire.
Les dortoirs des femmes étaient à part ; le surveil- lant me dit qu'il avait beaucoup de peine à les entre- tenir aussi propres que ceux des hommes.
La cuisine était bien tenue et la nourriture conve- nable; tout le service était fait par des prisonniers.
La prison de Vladimir laisse certes une impression favorable quant à la manière dont elle est organisée et administrée.
L'intérieur de ces ha- bitations est aménagé en vue des variations extrêmes de la température.
La partie de la maison où se tient en été la famille est abandonnée aux approches du froid ; chacun se réfugie alors dans une pièce qui est munie d'un grand poêle et qui было CND Пилка Kanga File, 240/240 грит извиняюсь de cuisine pen- dant la saison chaude ; près du poêle sont des hamacs suspendus à environ dix-huit pouces du plafond.
C'est là que juchent les enfants, tandis que les membres plus âgés de la famille couchent sur le poêle même.
Les seuls meubles qu'on aperçoive dans ces miséra- bles demeures sont une table, un grand banc de bois fixé aux parois et faisant le tour de la chambre, quel- ques images de saints dans les coins, et un grand coffre peint de couleurs vives et rehé par des cercles de fer.
Ce coffre contient toutes les richesses de la famille, savoir : un costume ou deux, qui voient la lumière dans les grandes occasions et proviennent sou- 1 10 LA r.
Quand deux nouveaux mariés viennent présenter leurs hommages au hàrine, la femme lui offre une de ces serviettes sur une assiette; il la prend et la remplace par un mouchoir contenant quelques roul les.
Outre les vêtements et les serviettes, le grand cof- fre contient parfois quelques biscuits, un peu d'épi- cerie et d'autres menus objets.
Près du poêle est ménagé un étroit espace spécia- lement réservé à la cuisine et pourvu des ustensiles nécessaires.
Les insectes gros et petits al ondent; ils se multi- plient à la faveur de la chaleur et de la saleté qui régnent dans ces huttes de bois.
Le peuple a un respect supersticieux pour une espèce de blatte, en russe tarakane, qui passe pour porter bonheur aux maisons qu'elle adopte.
Les enfants vivent en pleine lilierté; personne ne s'occupe de les former ni de les instruire; mais du reste ils sont toujours bien traités et il n'est pas de parents plus attachés à leurs enfants que les извиняюсь, Балласт электронный Feron 1x36W 195*28*19mm EB51S (21521) любого russes.
Les moujiks sont robustes et sains; comme chez les VILLES ET VILLAGES.
Il s'ensuit que toute la race est vipoureuse et le devient cbaque jour davantage par la « lutte pour l'existence ».
Pendant les grands froids, il faut que les enfants s'endurcissent ou qu'ils meurent, car ils pas- sent constamment et sans transition de l'atmospbère étouffante de la cabane à l'air glacé du dehors.
Un habile médecin, qui avait une grande expérience des moujiks, m'a assuré que d'après des relevés qu'il avait faits lui-même avec le plus grand soin, les deux tiers des enfants de paysans mouraient avant un an.
Dans chaque maison est installée une baignoire où tous les membres de la famillle se mettent cuire chaque samedi sans manquer.
Le reste de la semaine, ils ne font pas usage d'eau, sauf qu'ils se lavent les mains avant les repas, par un préjugé tout oriental.
Ils dorment presque tout habillés et ne quittent jamais leurs vêtements que pour le bain du samedi.
En toutes choses ils sont esclaves de la rou- tine, — autre trait caractéristique qui leur est com- mun avec les nations asiatiques.
Ainsi, à une certaine fête qui tombe à époque fixe et qu'on désigne à la campagne sous le nom de « jour des pommes », les prêtres bénissent solennellement les arbres fruitiers; le paysan commence alors à manger des pommes; 118 LA RUSSIE COÎSTEMPORAINE.
Cet usage s'observe à la ville aussi bien qu'à la campagne; et quand vient « le jour des oranges », non-seulement les Russes ne mangent plus de pommes, mais les étrangers ne peuvent plus s'en procurer.
Il y a de même une date fixe pour commencer les bains froids et une autre pour les cesser.
Je me souviens qu'un jour, en traversant un lac, j'aperçus une quantité de gibier d'eau; je demandai au batelier, grand chasseur de son état, quand les jeunes canards seraient bons à tirer.
Jamais il ne se serait permis de tirer un halbran avant l'époque consacrée.
F'armi les pratiques auxquelles se livre le peuple en l'honneur de la fête de Pâques, subsiste encore le vieil usage chrétien de s'aborder en s'embrassant; on en abuse au point de le rendre intolérable, et il a du reste perdu toute signification religieuse.
Pendant la semaine sainte, hommes et femmes passent leur temps à faire cuire et à colorer des œufs qu'on s'offre le jour de Pâques, avec le baiser tradi- tionnel.
Au coup de midi, la fête ou la pénitence, suivant VILLES ET VILLAGES.
Personne alors n'a le droit de se tenir pour offensé de recevoir à la fois un baiser et un œuf.
Il faut avouer que quelquefois la peine est un plaisir; mais quand il faut en passer, comme je le faisais, par plusieurs centaines d'ouvriers presque tous employés à manier du charbon ou à quelque autre besogne aussi noircissante, le côté poétique et religieux de la coutume disparaît complètement, et il ne reste qu'une corvée insupportable.
Qu'on ne vienne pas me parler de la charge de Ualaklavaou de l'assaut du grand redan; ces exploits pâlissent auprès des miens.
Il me fallait plus que de l'héroïsme pour attendre de pied ferme un moujik velu, exhalant une forte odeur de vodka, la barbe pleine de cendre et la peau imprégnée de poussière de charbon; un homme qui avait peut-être passé la nuit à casser du minerai calciné et dont le visage tenait le milieu entre celui d'un nègre et celui d'un Peau-Rouge en tenue de combat.
Qu'on se représente mes angoisses tandis qu'un régiment entier de ces êtres barbouillés défilait devant moi; que chacun à son tour passait une manche poussiéreuse sur ses lèvres noires de suie, plongeait son bras dans sa vaste poche pour y chercher l'œuf peint soigneusement préparé pour la circonstance, ôtait son bonnet et 120 LA RUSSIE CONTEMPOrxAlNE.
Et quand la pre- mière centaine m'avait embrassé trois cents fois, savoir qu'une autre centaine allait lui succéder!
Mais i'aurais eu tort de me soustraire h cet hommage, car j'aurais gravement offensé des gens qui souvent voulaient me témoigner par là leur reconnaissance pour des ser- vices que je leur avais rendus sans le savoir, ou que j'avais oubliés depuis longtemps.
En aucun pays le peuple n'est aussi touché de voir ses supérieurs témoigner de la sympathie à ses usages religieux, ou prendre part à ses réjouissances.
La Russie est connue depuis longtemps pour être la terre des cloches; celles-ci sont réellement ter- ribles le jour de Pâques.
Au dernier coup de minuit, on tire un coup de fusil, et aussitôt toutes les clo- ches des environs se mettent en branle.
Quand le sonneur de profession est fatigué, il est immédiatement remplacé par des gens de bonne vo- lonté, et les beffrois sont assiégés de gamins qui ca- rillonnent sans trêve ni repos jusqu'au soir, à as- sourdir le voisinage.
LES PRÊTRES, l'ÉCLISE ET l'eMPEREFR.
Les Russes, surtout ceux des basses classes, pro- fessent le plus grand respect pour la relitiion; mais ce respect se borne à la religi Ui elle-même, sans s'étendre aux prêtres qui en sont les ministres.
Le moindre village a une église, parfois deux ou trois.
On est souvent frappé de voir un pauvre ha- meau, misérable d'aspect, dominé par une immense église qui pourrait le contenir tout entier.
Ce sont toujours les propriétaires qui construisent les églises.
Elles sont plus belles et plus nombreuses dans le centre de la Russie que dans le nord.
Les cloches sont perpétuellement en mouvement, soit à l'occasion des services religieux, qui sont fort nom- https://chmall.ru/100/su-vid-steba-sv-100.html, soit en l'honneur des innombrables fêtes et vigiles instituées par l'Eglise.
Heureusement elles ont toujours un très-beau timbre, fort différent du son métallique et aigre des cloches anglaises.
L'intérieur 122 LA RUSSIE CONTEMPORAINE.
L'or et l'argent 4 à la lueur éclatante de centaines de cierges qui liraient, pendant le service, dans de lourds candélabres richement ornementés.
Des por- traits de saints, ornés de cadres somptueux, sont suspendus aux murs et aux colonnes.
L'Eglise grecque n'admet pas d'images taillées dans son sanc- tuaire.
Les instruments de musique sont interdits par le rituel orthodoxe ; un cho3ur de voix d'hommes y supplée.
Ce chœur est ordinairement fort bon ; le son s'élève et remplit la voûte, plus puissant et plus solennel encore que celui d'un orgue.
Les fidèles ne prennent pas part au chant, qui читать exécuté par что Конфеты Bon Pastil Fresh Мохито 8шт что chantres ad hoc attachés à l'église.
Les ornements des prêtres et tous les accessoires du culte étonnent par le déploiement d'une splen- deur toute barbare, qui correspond sans doute aux secrets penchants du peuple demi civilisé qu'il s'agit d'éblouir et de séduire.
Dans toutes les circonstances de la vie, le Paisse invoque la bénédiction de l'Eglise.
Jamais il ne commencerait une chose quelconque sans faire bénir son entreprise, faute de quoi tout tournerait à mal, un déménagement comme la cons- I LES PRÊTRES, L'ÉGLISE ET L'EMPEREUR.
Dans aucune maison vous ne verrez une seule pièce, que ce soit votre chambre h.
Espérons pour ces pauvres saints qu'ils sont aveugles et sourds; sinon plaignons-les d'être contraints de présider aux bacchanales des buveurs de vodka.
Un orthodoxe ne part jamais pour un voyage sans mettre l'image de son patron dans sa poche; il ou- blierait plutôt son chapeau.
Dès l'âge le plus tendre, on lui suspend au cou une croix ou une image qui ne le quitte plus jusqu'au jour de sa mort, et qu'il ne doit ôter sous aucun prétexte.
J'ai déjà dit que les Russes, tout en vénérant la religion, n'avaient que peu ou point de respect pour les prêtres.
Les prêtres se divisent en deux ordres distincts.
La classe supérieure, qui forme l'aristocratie du clergé et dans laquelle sont choisis tous les hauts dignitaires de l'Éghsc, se nomme le clerfié noir.
C'est un corps instruit.
La seconde classe, dont les membres ne peuvent dépasser le rang ûe prêtre de paroisse, est de beaucoup la plus nombreuse ; c'est dans son sein que se recrute exclusivement le clergé des campagnes, le clergé noir ne s'éloignant guère des villes et des couvents.
Les popes se transmettent leur charge de 4 en fds ; ils ne peuvent avoir de cure avant d'être mariés, mais il est interdit aux veufs de prendre une seconde femme.
Les ordres monastiques sont voués au célibat.
Le clergé des campagnes a la plus mauvaise réputa- tion.
Les popes sont adonnés à la boisson; les jours de grande fête, ils sont aussi ivres, sinon plus, que leurs paroissiens.
Du reste, cela n'est pas étonnant, car il est d'usage qu'aux grandes fêtes ils parcourent le village, entrant dans toutes les maisons pour y con- sacrer h nouveau les https://chmall.ru/100/amouage-dia-for-women-parfyumernaya-voda-100-ml-tester.html ils laissent leur béné- diction à la famille et reçoivent en échange quelque argent et un verre d'alcool.
S'ils renonçaient par respect humain à cette cou- LES PRÊTRES, L'ÉGLISE ET LEMPEREIR.
Ils n'ont pas de revenu régulier, pas de redevances fixes; ils dépendent de la générosité de leurs paroissiens, qui souvent sont eux-mêmes plongés dans la misère.
Même le produit des troncs placés dans les églises et dans lesquels les dévots glissent de temps à autre une pièce de menue monnaie, n'est pas exclusive- ment réservé aux prêtres ; il est consacré en partie à l'entretien de l'église; les membres les plus zélés du troupeau, les plus libéraux envers l'église, ne donnent qu'à contre-cœur quelques misérables copecks à leurs infortunés popes.
C'est pourquoi un prêtre besoigneux ne néglige pas les aubaines que les grandes fêtes peuvent lui appor- ter; partant de ce principe de l'Eglise grecque, qu'aucune fonction sacerdotale ne doit être gratuite, il fait sa ronde dans le village, sanctifiant les images et ramassant des roubles qui pourvoiront à ses pre- miers besoins.
Le paysan saisit avec joie cette occasion de conférer à ses dieux pénates un nouveau brevet de sainteté — peut-être a-t-il le sentiment qu'ils ont pu être scan- 1-20 LA RISSIE CONTEMPORAINE.
A cer- tains jours de fête — à Pâques par exemple, — il faut qu'un prêtre lion vivant ait la tète solide pour résister aux légères collations arrosées de liqueurs fortes qui l'attendent dans toutes les maisons de son village.
Le prêtre est également l ienvenu aux fêtes de fa- mille, par exemple aux noces ou aux enterrements; — tout enterrement se termine par un dîner.
Avec tous leurs défauts, les popes, gris ou non, ne négligent jamais les offices.
Il y a toujours au moins deux prêtres par église, de sorte qu'en cas d'incapa- cité de l'un des deux, l'autre le remplace.
Je n'ai jamais vu d'exemple d'irrégularité dans le service religieux.
Je crois que les tarifs établis pour ce qui constitue le casuel des prêtres, par exemple les mariages, les enterrements, etc.
Les Russes sont très-généreux envers les morts, et ils se dépouilleraient de leur dernier copeck pour as- surer.
Nombre de fois des paysans sont venus me demander de leur prêter quelques roubles pour parfaire la somme exigée par le prêtre.
Les popes sont assistés dans la célébration du culte par un ou deux diacres et autant de sacristains dont les fonctions consistent à entonner le cbant; on choisit à cet effet des hommes doués de belles voix de basse.
Ces sacristains n'ont en нажмите сюда aucune éducation ; quelquefois ils ne savent même pas lire ; ils récitent alors les offices par cœur, et on les voit tourner au hasard les feuillets d'un livre placé à l'en- vers et dans lequel ils feignent de suivre les prières qu'ils psalmodient.
Le service ne se fait pas en russe moderne, mais en vieux slave.
Le troupeau ne com- prend naturellement pas les paroles, mais il a une idée générale de la signification des différents of- fices.
L'église ne contient pas de sièges; l'usage est de prier debout, la tête inclinée en avant; des signes de croix continus, sur la figure et sur la poitrine, accompagnent toutes les dévotions.
Les litanies produisent une impression solennelle, 128 LA Rl'SSIE TONTEMPORAINE.
On a souvent décrit la manière dont se font les mariages en Russie.
A la fin de la cérémonie, le prê- tre, au moment où il vient de déclarer que les fu- turs sont désormais mari et femme, il prend les mains des nouveaux époux dans une des siennes, et, mar- chant à reculons, conduit trois fois le jeune couple au- tour de l'église, en présence de la communauté assem- blée.
C'est, de toutes leurs cérémonies nuptiales, la plus touchante et la plus imposante.
Les autres sentent la barbarie.
Ainsi il est d'usage que la jeune fille ou ses parents payent le jeune homme pour le décider au mariage, ce qui n'a pas le moindre rapport avec ce que nous entendons par une dot.
Le mari est dans sa maison comme un bœuf à l'engrais, ayant le pri- vilège de boire et de dormir, tandis que la femme travaille et souvent fait vivre la famille.
Aussi, dès qu'un paysan est en âge de se marier, il se met en quête d'une femme jeune, forte et ac- tive, en un mot d'une l onnc bête de somme.
Cela 1 Dieu ait pitiô de nous.
LES l'UÈTULS, L'ÉGLISE ET L'EMl-EUELl'.
Quand le garçon a trouvé ce qui lui convient, il s'agit de savoir combien la jeune fille achètera le privilège de devenir son souffre-douleur, ou combien la famille donnera pour se débarrasser d'elle.
Le prétendant tixe'la somme à laquelle il estime ses propres charmes, et fait savoir aux parents que, moyennant tant, il consentira à épouser leur fille.
Dans les basses classes, le tarif est ordinairement de 20 roubles par homme, plus un costume de drap, un certain nombre de chemises de coton, un cha- l eau et une paire de bottes, en un mot, un habille- ment complet.
La mariée doit aussi apporter son trousseau, dont la composition est convenue, article par article, entre les parties contractantes, avant la célébration du mariage.
La valeur des vêtements qu'elle fournit à son fiancé dépend de leur Соковыжималка Scarlett SC-JE50S09 à Alaa Abdullah Abd Fixed Point in Some Types of Spaces deux.
Dans les classes plus élevées, au lieu d'un habille- ment complet, с зад.

HONDA GSP подшипником V 85-01 9230014K III/CIVIC Ступица ACCORD mariée donne à son époux une bonne robe de chambre bien chaude, qu'elle remplace, quand besoin est, sur ses revenus particuliers.
La fille du plus gros marchand de notre village, ayant 130 LA ULSSIE CUMEMPOKAINE.
Quand toutes les questions financières sont réglées à la satisfaction des deux parties, le mariage a lieu, tou- jours aux frais de la future et de ses parents, qui invi- tent le jeune homme et ses amis à une série de fes- tins auxquels prennent part les amies de la jeune fille.
On dédommage ainsi ces dernières de la peine qu'elles ont prise pour aider à confectionner les cu- lottes et les chemises du marié, en leur fournissant l'occasion d'attraper буду Гик для фрирайда из алюминия Nautix Nx-original прощения maris pour elles-mêmes.
Dans ces réunions, le principal amusement, en dehors de la danse, est un jeu qui ressemble à ce que nous appelons en Angleterre le kiss in the Hikj.
Pour le jour du mariage on fait provision d'un grand coffre relié en tous sens par des cercles de fer et peint de couleurs vives; ce coffre contient les trousseaux des mariés, soigneusement emballés, et il suit la noce toute la journée, d'abord à l'église, puis au traktir, où on se rend à l'issue du service re- ligieux et où on boit une grande partie de la dot de la jeune fille.
Les nouveaux époux en sortent abso- lument gris et se promènent par les rues, suivis d'un cortège d'amis afïublés de déguisements ridicules, et au son d'une musique infernale de casseroles et de LES PRÊTRES, L'ÉGLISE ET L'EMPEREIR.
C'est un coup d'œil navrant pour ceux qui connaissent et apprécient les qualités solides du paysan russe.
Ces bacchanales se renouvellent pendant deux ou trois jours, probablement tant qu'il reste quelque chose de la dot de la femme et des présents des amis.
Enlin, le aros coffre est installé à demeure dans la maison du nouveau couple, et la 4 se met sé- rieusement à l'ouvrage.
En résumé,- la manière dont les paysans célèbrent les mariages est regrettable à tous https://chmall.ru/100/add-ap2330-24s-ap2330-24s-shlyuz-voip-24-fxs-2x100tx-eth.html points de vue, et plus tôt les usages changeront à cet égard, mieux cela vaudra.
Quand les paysans perdent l'un des leurs, ils font venir des pleureurs à gages, qui veillent alternati- vement le corps pendant deux jours et trois nuits.
On procède ensuite à l'enterrement; chacun des as- sistants tient à la main un cieroe allumé.
La bière n'est clouée que quand elle est descendue dans la fosse; les pleureurs baisent le mort au front avant que le couvercle le dérobe à la vue.
En été, cet usage est aussi malsain que répugnant; l'odeur de l'encens combat à peine celle du cadavre.
La consécration de l'autel dans une église neuve est accompagnée de cérémonies intéressantes et bi- zarres, dont je regrette de ne pouvoir expliquer la signification et Парфюмерная вода Juliette Has A Gun Miss Charming 100 мл тестер Женская />On commence par apporter une table de bois poli, aussi blancbe que la neige, à chacun des angles de laquelle on plante un clou ; les prêtres mettent alors de grands tabliers blancs et pro- cèdent au lavage de la table, d'abord avec du savon et de l'eau, en second lieu avec du vin rouge; la tête des quatre clous est ensuite recouverte de cire; enfin, on enduit la table d'une huile parfumée qui exhale une odeur très-forte, on étend dessus un Hnge d'une blan- cheur éclatante et recouvert d'une nappe d'autel ri- chement brodée.
Les fidèles se pressent autour de la table, un cierge allumé à la main, pour s'emparer d'une parcelle de la cire qui recouvre les clous, ou pour tremper un coin de leur mouchoir dans l'huile parfumée dont la table est imprégnée; s'ils y parvien- nent, ils se figurent posséder un tahsman infaillible contre la maladie et la douleur.
Je n'avais guère d'occasions d'ob- server ce qui touche au culte, et je crois qu'il y a des rites plus extraordinaires et plus curieux encore que ceux que j'ai essayé de décrire.
Les prêtres tirent un de leurs principaux revenus de processions dans lesquelles on porte les images de saints appartenant aux églises.
A Moscou, par exemple, il existe une image de la Vierge Marie qui possède à son service particulier un carrosse à quatre chevaux, dans lequel elle va journellement faire des visites aux membres zélés du troupeau.
Si grand est le désir de recevoir chez soi le tableau sacré, qu'on s'inscrit plu- sieurs mois à l'avance pour obtenir celte insigne faveur.
Quand la Vierge passe dans les rues, escortée de nombreux servants tête nue, tous ceux qui se trouvent à portée de la vue se découvrent.

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